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Société

Crise dans le BTP au Sénégal : salaires impayés, chantiers à l’arrêt et milliers d’emplois menacés

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) traverse une zone de turbulences sans précédent au Sénégal. Entre salaires impayés, chantiers bloqués et dettes de l’État en souffrance, des milliers de travailleurs se retrouvent au bord du gouffre.

CDE, symbole d’un secteur en détresse

Au sein de CDE (Consortium d’entreprises), l’une des principales firmes du BTP, la situation est particulièrement alarmante. Les 900 salariés restants, contre 2 000 l’an dernier, n’ont pas touché de salaire depuis cinq mois. La faute à une dette de 19 milliards de FCFA que l’État doit à l’entreprise pour des travaux déjà réalisés.

Souleymane Abdoulaye Demba, magasinier, décrit une réalité insoutenable :

« C’est plus que catastrophique, car on va vers la rentrée des classes. On peut se serrer la ceinture, mais voir nos enfants ne pas aller à l’école, là, c’est la catastrophe. »

Un secteur clé paralysé

CDE n’est pas un cas isolé. L’ensemble du secteur souffre du gel des chantiers en attente d’audits gouvernementaux et d’un lourd passif financier. Les dettes cumulées de l’État envers les entreprises du BTP sont estimées à 250 milliards de FCFA, certaines datant de plus de vingt ans.

Oumar Ndir, président d’un syndicat des entrepreneurs, alerte sur l’ampleur du choc :

« Le secteur du BTP au Sénégal, c’est entre 500 à 600 000 emplois qualifiés et non qualifiés et indirects. Donc le BTP ce n’est pas que des maçons, des ferrailleurs, des menuisiers… c’est toute une chaîne de valeur qui est au chômage, car il n’y a pas d’activité. »

Un pilier de l’économie fragilisé

Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le chiffre d’affaires de la construction a reculé de 19,6 % en un an, un coup dur pour un secteur qui représente plus de 4 % du PIB national.

Des promesses mais pas encore de solutions

Lors de la présentation du Plan de redressement économique et social (PRES) début août, le Premier ministre Ousmane Sonko a assuré que toutes les dettes seraient réglées, au nom de la continuité de l’État. Mais, à ce jour, les entreprises attendent toujours un signal concret, dans un contexte marqué par l’absence d’investissements publics et la lente reprise de l’activité économique.


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