Invité du Jury du Dimanche (JDD) ce 22 juin, le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a pris la parole pour dénoncer l’état préoccupant du secteur médiatique au Sénégal. Face à une situation qu’il qualifie d’« alarmante », il n’a pas hésité à pointer directement du doigt le ministre de la Communication, qu’il accuse d’incompétence manifeste dans la gestion des affaires du secteur.
Au cœur de sa colère, la suspension récente, par la Cour suprême, d’un arrêté ministériel interdisant la diffusion et la publication de 381 médias, qu’il considère comme un abus de pouvoir injustifié. « Ce n’est pas pour rien que la Cour suprême a suspendu, le 12 juin, son arrêté. Combien d’emplois et de salaires ont été supprimés à cause de cette décision ? », s’est-il indigné sur les ondes de Iarsio.
Pour Mamadou Ibra Kane, cette décision avait non seulement fragilisé des entreprises de presse, mais elle illustre surtout un manque total de dialogue et de compréhension des enjeux économiques du secteur par les autorités. Il appelle à un sursaut collectif, estimant que le gouvernement est en train de pousser la presse indépendante vers une asphyxie programmée.
Autre sujet brûlant abordé : l’affaire EXCAF, qu’il n’a pas hésité à qualifier de crime économique. Selon lui, la nouvelle direction de la société Télédiffusion du Sénégal (TDS SA) a commis une grave erreur juridique et commerciale en signant un contrat avec une compagnie malienne, alors que les droits de distribution des décodeurs numériques reviennent, selon les conventions, à EXCAF.
« La directrice générale de TDS SA a agi en violation flagrante de la loi. Elle a engagé l’État dans un contrat illégal, au mépris des textes qui encadrent la commercialisation des équipements de diffusion », a-t-il martelé.
Pour Mamadou Ibra Kane, ce cumul de décisions arbitraires et de manquements démontre une profonde crise de gouvernance dans le secteur de la communication. Il exhorte le président de la République à intervenir pour réorienter la politique médiatique du pays, faute de quoi, prévient-il, « c’est tout l’écosystème de l’information qui risque de s’effondrer ».