Média
Crise des médias au Sénégal : patronat et syndicats unissent leurs forces pour défendre la presse
-
-
par
Diack
Le secteur des médias au Sénégal traverse une période charnière marquée par de fortes tensions économiques et institutionnelles. Ce mercredi 22 avril 2026, une rencontre stratégique s’est tenue entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et la Coalition des Centrales syndicales du Sénégal (CCSS), au siège de la Confédération des Syndicats Autonomes (CSA). Cette audience, conduite par le président du CDEPS, Mamadou Ibra Kane, visait à tirer la sonnette d’alarme sur les difficultés croissantes auxquelles font face les entreprises de presse.
D’emblée, la délégation du patronat de presse a dressé un tableau préoccupant de la situation du secteur. Selon Mamadou Ibra Kane, plusieurs décisions émanant du ministère de tutelle fragilisent considérablement l’équilibre financier des médias. Il a notamment évoqué le refus de paiement de créances dues aux organes de presse, l’arrêt brutal de conventions publicitaires ainsi qu’un durcissement du régime fiscal appliqué aux entreprises médiatiques. À ses yeux, ces mesures, qualifiées de « pernicieuses », constituent une pression économique directe qui menace non seulement la survie des entreprises, mais aussi des milliers d’emplois dans un secteur déjà vulnérable.
Au-delà des difficultés financières, le CDEPS a également mis en avant les avancées obtenues sur le plan juridique. Le patronat de presse a rappelé ses victoires devant la Cour suprême et le Conseil constitutionnel, notamment dans les contentieux liés à la régulation du secteur, en particulier autour de la loi instituant le Conseil national de régulation des médias. Pour les éditeurs, ces décisions confirment la légitimité de leur combat et renforcent leur détermination à défendre un environnement médiatique libre et indépendant. Ils estiment que la viabilité économique des entreprises de presse est indissociable de la préservation des libertés démocratiques et de la liberté d’expression.
Face à ces préoccupations, les représentants des principales centrales syndicales, notamment la CNTS, l’UNSAS, la CSA et la CNTS/FC, ont affiché une position de solidarité claire. Les secrétaires généraux ont reconnu la gravité de la situation et souligné l’urgence d’une mobilisation collective. Pour eux, il est impératif d’établir une convergence d’actions entre le patronat et les travailleurs afin de sauvegarder les outils de production et les emplois.
Dans cette dynamique, les centrales syndicales ont pris l’engagement d’intégrer les revendications du secteur des médias dans les plateformes revendicatives qui seront portées lors de la célébration de la fête du Travail, prévue le 1er mai 2026. Cette initiative vise à sensibiliser l’opinion publique ainsi que les autorités sur les menaces qui pèsent sur la presse sénégalaise, souvent qualifiée de quatrième pouvoir.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.