La gouvernance municipale de la ville de Dakar continue de susciter des remous. Ce mardi, le conseiller municipal Pape Alioune Gning a saisi officiellement le préfet du département de Dakar pour exiger l’organisation d’une élection afin de désigner un nouveau maire de la capitale. Dans une lettre adressée à l’autorité administrative, le conseiller dénonce une situation d’intérim prolongé qu’il qualifie d’illégale et contraire à l’esprit des textes régissant les collectivités territoriales.
Dans sa correspondance, Pape Alioune Gning rappelle au préfet le rôle de contrôle que doivent exercer les autorités déconcentrées sur les collectivités locales. Il évoque notamment les articles L29, L30 et L277 du code électoral, sur la base desquels l’ancien maire de Dakar a été démis de ses fonctions à la fin de l’année 2024. Une décision qu’il qualifie de conforme à la légalité et à l’exigence républicaine de respect des normes en vigueur dans un État de droit.
Cependant, six mois après cette destitution, l’élu déplore l’absence d’évolution dans la gouvernance de la ville. Il estime que l’intérim, censé être temporaire, s’est transformé en un statut permanent, vidant la fonction de maire de toute légitimité démocratique. Pour lui, la prolongation de cette situation affaiblit les institutions municipales et crée un précédent dangereux.
« Monsieur le préfet de Dakar, vous devez mettre fin à cette situation incongrue qui sape le bon fonctionnement de la municipalité et installe la mairesse dans une illégalité permanente », écrit-il dans un ton solennel. Il soutient que cette vacance prolongée compromet la continuité de l’action publique et prive les Dakarois de leur droit à une gouvernance locale légitimée par les urnes.
Au nom de ses prérogatives de conseiller municipal, Pape Alioune Gning exige ainsi, sans détour, l’organisation immédiate d’une élection municipale pour pourvoir le poste de maire de Dakar. Une requête qui risque de raviver le débat politique autour de la gestion de la capitale, dans un contexte où les tensions entre pouvoirs central et local restent vives.