Société
Dakar : une querelle de jalousie amoureuse dégénère sur TikTok, trois adolescents déférés au parquet
-
-
par
Diack
Une querelle née au sein d’un même cercle d’amis sur fond de jalousie amoureuse a pris une tournure particulièrement inquiétante à Dakar. Ce qui n’était au départ qu’un différend entre jeunes proches s’est progressivement transformé en une série d’attaques sur les réseaux sociaux, avec diffusion de photographies, insultes publiques et menaces de mort. L’affaire a finalement conduit à l’interpellation de trois adolescents par la Brigade de recherches de Dakar, avant leur déferrement au parquet, rapporte le quotidien Libération.
Selon les informations rapportées par le journal, les protagonistes de cette affaire se connaissaient tous et évoluaient auparavant dans le même cercle relationnel. L. Lima, 19 ans, et F. Tandiang, également âgée de 19 ans, ont saisi les enquêteurs d’une plainte conjointe après avoir été, selon leurs déclarations, la cible de plusieurs attaques et menaces.
Les investigations menées par la Brigade de recherches de Dakar ont conduit à l’interpellation de R. Maury, M. Dorenald et R. Moreira. Les trois adolescents ne font toutefois pas l’objet des mêmes accusations. R. Maury est notamment poursuivie pour menaces de mort, menaces verbales, injures publiques, diffamation ainsi que collecte illicite et diffusion de données à caractère personnel. M. Dorenald est visée pour menaces verbales, tandis que R. Moreira est cité pour complicité de menaces de mort et usurpation d’identité.
À l’origine de la procédure, les deux plaignantes ont remis aux enquêteurs plusieurs éléments présentés comme des preuves des attaques dont elles auraient fait l’objet sur les réseaux sociaux. Parmi ces éléments figurent notamment des vidéos publiées sur TikTok.
Dans certaines séquences, R. Maury aurait diffusé une photographie de L. Lima sur les réseaux sociaux en l’accompagnant de propos injurieux, dont notamment le terme « lesbienne ». Les publications auraient contribué à amplifier une querelle qui, jusque-là, semblait relever essentiellement de tensions personnelles au sein du groupe.
Mais l’affaire aurait rapidement dépassé le cadre des insultes et des publications sur Internet. Les deux jeunes femmes ont également déclaré avoir reçu des menaces de mort provenant d’un numéro de téléphone attribué à R. Moreira, mais enregistré sous une autre identité. Cet élément aurait notamment conduit les enquêteurs à s’intéresser à une possible usurpation d’identité.
Le dossier a pris une dimension encore plus préoccupante dans la nuit du 2 au 3 août. D’après le récit rapporté par Libération, R. Maury et M. Dorenald se seraient rendues à Amitié III accompagnées de plusieurs individus. Certains de ces derniers auraient été munis de couteaux et auraient eu l’intention de s’en prendre aux deux jeunes femmes à l’origine de la plainte.
La situation aurait pu dégénérer en une violente confrontation. L’intervention de riverains aurait toutefois permis d’éviter que les tensions ne se transforment en affrontement physique. Cet épisode constitue l’un des éléments les plus sensibles du dossier, puisqu’il marque le passage d’une querelle virtuelle à une situation susceptible de provoquer des violences dans la vie réelle.
L’enquête a par ailleurs permis aux policiers de reconstituer les liens qui unissaient les différents protagonistes avant l’éclatement du conflit. R. Moreira serait le compagnon de R. Maury, mais également le cousin de L. Lima. Les deux plaignantes ainsi que les trois personnes mises en cause se fréquentaient auparavant et appartenaient au même cercle relationnel.
C’est dans cet environnement que la jalousie amoureuse aurait progressivement alimenté les tensions. Selon les éléments rapportés par le quotidien, R. Maury aurait nourri une importante jalousie à l’égard de L. Lima. Elle lui reprocherait notamment de chercher à provoquer une rupture avec R. Moreira, notamment à travers l’envoi de photographies d’autres jeunes femmes.
Au fil des jours, le différend aurait ainsi quitté le cadre strictement privé pour s’exposer sur les réseaux sociaux. Les publications, insultes et menaces auraient alors contribué à faire monter la tension jusqu’à l’épisode survenu à Amitié III.
Un élément particulier est toutefois intervenu au cours de la procédure. Après plusieurs interventions, L. Lima et F. Tandiang ont finalement décidé de retirer leurs plaintes. Ce retrait n’a cependant pas mis automatiquement fin à la procédure judiciaire engagée par les enquêteurs.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.