Le coordonnateur du mouvement NITTU DEGG, Omar Sarr, est monté au créneau à la suite du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Dans une déclaration empreinte d’émotion et de colère, il appelle les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités politiques et à poser des actes forts, au-delà des discours officiels.
Pour Omar Sarr, la première mesure attendue pour marquer la gravité de la situation est la démission immédiate du ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé. Il estime qu’il s’agit d’un geste nécessaire face à ce qu’il qualifie de « mort atroce ». Selon lui, une autorité mise en cause doit savoir tirer les conséquences politiques d’un tel drame, au lieu de chercher à se dédouaner en imputant la responsabilité à d’autres acteurs.
Le responsable de NITTU DEGG pointe particulièrement la décision d’introduire les forces de défense et de sécurité sur le campus universitaire. À ses yeux, ce choix politique n’est pas anodin et s’inscrit dans une histoire marquée par des épisodes tragiques. Il rappelle les précédents de Bassirou Faye, Fallou Sene et Balla Gaye, tous décédés lors d’événements impliquant les forces de l’ordre à l’université. Pour lui, ces drames auraient dû servir d’avertissement. Il insiste sur le fait que la vie humaine est sacrée et que les autorités doivent reconnaître une éventuelle erreur politique et en assumer les conséquences.
La déclaration revient également sur la douleur de la famille du défunt, qui présentait Abdoulaye Ba comme un « porteur d’espoir ». Omar Sarr évoque les paroles attribuées à l’étudiant peu avant son décès : « Boy sama yaay, mane rek la yakar », des mots rapportés par sa mère et qui traduisent toute la détresse et l’espoir placés en lui. S’appuyant sur le rapport d’autopsie, il parle d’une mort « lente, douloureuse et barbare », accentuant l’indignation suscitée par cette disparition.
Au-delà du drame individuel, le coordonnateur de NITTU DEGG s’interroge sur le sens du combat politique mené ces dernières années sous le slogan « Soncko rek la niuy tope ». Il souligne le paradoxe d’une jeunesse qui s’est constituée en « bouclier humain » pour porter au pouvoir une équipe prônant la rupture et le don de soi pour la patrie, et qui se retrouve aujourd’hui confrontée à une perte qu’il estime imputable à ces mêmes dirigeants.
En conclusion, Omar Sarr appelle à une profonde remise en question des choix politiques et des méthodes d’engagement de la jeunesse sénégalaise et de la diaspora. Pour lui, au-delà de l’émotion et de la colère, l’heure est à une réflexion nationale sur la gouvernance, la responsabilité et la gestion des crises en milieu universitaire.