Le président de l’association « Actions Kaolack », M. Cheikh Ahmadou Bamba Diaw, a salué avec force la décision du président Bassirou Diomaye Faye de restructurer les zones inondables de Kaolack et de Touba. Cette mesure a été concrétisée par la signature du décret n°2025-1184 du 16 juillet 2025, déclarant d’utilité publique le projet de préservation des voies d’eau naturelles et des réseaux dormants susceptibles d’être réactivés en cas de pluies exceptionnelles.
M. Diaw a qualifié cette initiative de « courageuse, visionnaire et salutaire », estimant qu’elle permettra de mettre fin à des décennies de souffrances. « En optant pour la destruction des habitations dans les zones à risque et le relogement des populations, l’État prend pleinement ses responsabilités », a-t-il affirmé.
Des données cartographiques qui justifient l’urgence
Cette décision repose sur une étude cartographique approfondie menée par la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI). L’étude a identifié, sur une superficie de 10 000 km², les voies d’eau naturelles ainsi que les réseaux dormants présentant un fort risque d’activation. Ces données scientifiques ont servi de base pour définir le périmètre d’intervention du décret.
Un cadre légal clair pour l’expropriation et le relogement
Conformément à l’article 2 du décret, l’expropriation des propriétés privées situées dans l’emprise devra être réalisée dans un délai de trois ans à compter de son entrée en vigueur. Cette procédure s’appuie sur la loi n°76-67 du 2 juillet 1976 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique, ainsi que sur les articles 29 et suivants du décret n°64-573 du 30 juillet 1964 relatif au domaine national. Ce cadre juridique solide vise à garantir une exécution dans le strict respect des droits des populations concernées.
Un appel à élargir la vision : le « Programme Spécial pour Kaolack »
Tout en saluant cette avancée, M. Diaw a rappelé que les défis de Kaolack demeurent systémiques. « Au-delà des inondations, nos populations souffrent du manque d’eau potable, de la dégradation avancée de nos routes et de la salinisation des terres », a-t-il souligné.
Il a ainsi appelé le gouvernement à capitaliser sur cet élan pour lancer un « Programme Spécial pour Kaolack », un plan de développement intégré et ambitieux qui s’attaquerait de manière concomitante à l’ensemble de ces problématiques, afin d’offrir une revitalisation complète à la capitale du Saloum.