Le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, a ordonné ce vendredi matin la destruction des installations de fortune érigées aux Mamelles, à Ouakam. Cette opération, planifiée depuis trois jours, marque selon lui « le début d’une action ferme et coordonnée contre l’occupation illégale de terrains à travers le pays ».
Hier déjà, plusieurs personnes avaient été interpellées dans le cadre de ce dispositif sécuritaire. Le ministre a prévenu que « aucun espace public ne sera toléré comme lieu de campement anarchique », annonçant l’extension prochaine de cette mesure à toutes les zones illégalement occupées.
À l’arrière du siège de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), un campement d’environ trente cabanes s’était installé. Construites à partir de bâches plastiques, de bois et de cordes usées, ces abris servaient de refuge à des familles, principalement des ressortissants nigériens récemment déguerpis de Colobane.
Les conditions de vie y étaient des plus précaires : matelas posés à même le sol, vêtements éparpillés, structures fragiles exposées aux intempéries. Sur place, la tension reste palpable. Une mère, assise avec son enfant devant son abri, refuse poliment tout échange, faute de comprendre la langue. Une scène qui témoigne de la vulnérabilité de ces déplacés, laissés sans réel accompagnement social.
Si l’opération suscite l’inquiétude pour ces familles en détresse, elle est perçue comme une délivrance par certains riverains. « Avant, il y avait quelques squatteurs. Aujourd’hui, ils sont des dizaines. Le soir, ils envahissent les rues pour mendier », se plaint Momar Ndiaye, habitant du quartier, qui dit vivre dans un sentiment d’« assiègement ».