Réunis à l’occasion de la clôture de leur session consultative ce samedi, les membres de la Ligue des Imams et Prédicateurs du Sénégal (LIPS) ont tenu à adresser un message fort, dans un contexte national marqué par des tensions sociales, des fractures politiques et une perte de repères culturels. À travers une déclaration solennelle, ils ont appelé les Sénégalais à se détourner des querelles partisanes qui alimentent la division, et à recentrer les priorités nationales autour de la stabilité sociale, du développement économique, de la productivité agricole, de l’industrialisation et d’un rapport serein à la religion.
Face à ce qu’ils considèrent comme une dégradation de l’espace public et numérique, les responsables religieux ont particulièrement pointé du doigt les dérives sur les réseaux sociaux. « Le climat actuel est trop marqué par l’invective, la calomnie et la violence verbale. Il est temps de réintroduire l’éthique dans nos modes de communication, en particulier chez les jeunes », a souligné un membre du bureau exécutif.
Mais c’est surtout le secteur de l’audiovisuel qui a concentré leurs critiques. Pour la Ligue, la prolifération de contenus jugés incompatibles avec les valeurs morales, religieuses et traditionnelles du Sénégal appelle une réaction urgente de l’État. Le président de la LIPS a plaidé pour un durcissement du cadre réglementaire : « Il est impératif de mettre fin à la diffusion récurrente de programmes qui banalisent la nudité, la vulgarité, ou les comportements antisociaux. Une révision sérieuse des cahiers des charges des chaînes de télévision s’impose, pour encourager des productions à haute valeur éducative, citoyenne et spirituelle ».
Autre sujet de préoccupation : la famille. Pour la LIPS, l’érosion de l’autorité parentale, les mutations sociales rapides et le manque d’encadrement religieux dans les politiques publiques liées à la famille compromettent l’équilibre social. Dans ce sens, l’organisation religieuse invite le ministère de la Famille à impliquer davantage les imams, les prédicateurs et les acteurs communautaires dans l’élaboration des politiques familiales. « La cellule familiale est le socle de la nation. Si elle vacille, c’est toute la société qui est menacée », a averti un imam intervenant lors de la session.