Le Fonds Monétaire International (FMI) a confirmé, ce mardi, avoir tenu des discussions approfondies avec les autorités sénégalaises au sujet de la dette publique du pays, tout en précisant le rôle consultatif de l’institution. Cette mise au point intervient dans un contexte tendu, marqué par les récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui ont provoqué une onde de choc sur les marchés financiers.
Lors d’une sortie remarquée lundi, Ousmane Sonko avait accusé le FMI d’exercer des pressions sur le Sénégal afin d’imposer une restructuration de la dette nationale. Il avait alors affirmé que son gouvernement « n’accepterait pas » une telle mesure, jugée contraire à la souveraineté économique du pays. Cette déclaration a immédiatement eu un impact sur les marchés : les obligations internationales du Sénégal ont enregistré une forte baisse, témoignant de la nervosité des investisseurs face à la situation budgétaire du pays et à la tension entre Dakar et ses partenaires financiers.
En réponse, un porte-parole du FMI, cité par l’agence Reuters, a tenu à clarifier la nature des échanges menés avec les autorités sénégalaises. « La discussion des choix de politiques auxquels le Sénégal est confronté fait partie du rôle du Fonds, qui est d’offrir une analyse et des conseils d’experts à l’examen du gouvernement », a-t-il expliqué. Selon lui, le FMI ne cherche pas à imposer une ligne de conduite, mais à accompagner le pays dans l’évaluation de ses options économiques et budgétaires.
Le représentant du Fonds a par ailleurs insisté sur le respect du principe de souveraineté nationale. « Le choix et la nature spécifique des opérations de dette, et l’opportunité de chercher à restructurer des obligations de dette, demeurent une décision souveraine », a-t-il souligné, prenant soin de dissiper toute impression d’ingérence.
La mission du FMI, qui s’est achevée la semaine dernière à Dakar, n’a pas débouché sur un accord concernant un nouveau programme de financement. Cette absence de consensus reflète les divergences persistantes autour de la gestion de la dette publique sénégalaise et des mesures d’ajustement budgétaire jugées nécessaires par l’institution de Bretton Woods.
Pour rappel, le précédent programme de 1,8 milliard de dollars avait été suspendu en 2024 après la révélation de dettes cachées, dont le montant est désormais estimé à plus de 11 milliards de dollars. Ce scandale avait ébranlé la crédibilité financière du pays et provoqué une dégradation de sa note souveraine.
Aujourd’hui, alors que le Sénégal tente de restaurer la confiance des investisseurs et de stabiliser ses finances publiques, la relation avec le FMI s’annonce décisive. Entre la volonté affichée d’affirmer son indépendance économique et la nécessité de sécuriser de nouveaux financements, le gouvernement d’Ousmane Sonko se retrouve face à un exercice d’équilibre délicat.