Face aux députés de l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a dressé un tableau préoccupant de la situation des finances publiques sénégalaises, notamment sur la question de la dette et des relations avec le Fonds monétaire international.
Interpellé sur l’état réel de l’endettement du pays, le ministre a reconnu que le Sénégal fait face à une pression budgétaire importante. Selon lui, le ratio d’endettement se situe actuellement à « un peu moins de 132 % » du produit intérieur brut, un niveau qu’il considère lui-même comme préoccupant. « Le stock de la dette pose problème », a-t-il admis devant les parlementaires, dans un contexte où les inquiétudes se multiplient autour de la soutenabilité des finances publiques.
Cheikh Diba a indiqué que l’État sénégalais doit faire face à des échéances de remboursement estimées à près de 4 000 milliards de francs CFA par an. Malgré cette forte pression sur le Trésor public, le gouvernement assure vouloir éviter toute aggravation du niveau d’endettement actuel. Le ministre a insisté sur la volonté des autorités de stabiliser la trajectoire de la dette, alors que plusieurs observateurs alertent sur les risques liés au poids croissant du service de la dette dans les dépenses publiques.
Abordant les relations entre Dakar et le Fonds monétaire international, le ministre des Finances a confirmé que les échanges avec l’institution de Bretton Woods se poursuivent dans le cadre du Programme de réformes économiques et sociales (PRES). Il a évoqué l’existence de « clauses de rendez-vous » entre le Sénégal et le FMI, destinées à évaluer régulièrement l’avancement des engagements pris par les autorités.
Toutefois, Cheikh Diba a reconnu que certains objectifs fixés dans le programme connaissent des retards. Sans entrer dans les détails, il a laissé entendre qu’une révision du cadre convenu avec le FMI pourrait être envisagée. « On va voir si on va réviser ou bien », a-t-il déclaré, suggérant que les discussions restent ouvertes sur l’adaptation éventuelle des engagements économiques du pays.