Société
Litige foncier à Ngaparou : Awa Baldé et Aziz Ndiaye s’affrontent devant la justice, verdict attendu en septembre
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par
Diack
Un important contentieux foncier opposant Awa Baldé au promoteur de lutte Aziz Ndiaye est actuellement examiné par le tribunal correctionnel de Dakar. Au cœur du différend, un terrain de 7 000 mètres carrés situé à Ngaparou, dont la vente, conclue en 2018, fait aujourd’hui l’objet d’accusations croisées d’escroquerie, de contestations sur le prix réel de la transaction et de demandes d’indemnisation de plusieurs centaines de millions de francs CFA.
Selon les éléments évoqués à l’audience, Awa Baldé réclame 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Aziz Ndiaye, qu’elle accuse de ne pas avoir respecté les engagements pris lors de l’acquisition du terrain. En retour, le promoteur de lutte demande 10 millions de francs CFA pour abus de constitution de partie civile.
À la barre, Awa Baldé a expliqué avoir accepté la vente d’un terrain appartenant à son ex-époux, pour lequel elle disposait d’une procuration. Elle affirme qu’un accord avait été conclu avec Aziz Ndiaye autour d’un montant de 120 millions de francs CFA, auquel devait s’ajouter la construction d’une villa clé en main.
La plaignante soutient que le promoteur lui avait promis une villa évaluée à 350 millions de francs CFA. Selon son témoignage, elle aurait perçu un premier acompte de 25 millions de francs CFA ainsi que plusieurs versements échelonnés. Elle affirme avoir reçu au total différentes sommes, notamment 37 millions de francs CFA remis en plusieurs tranches, mais indique n’avoir jamais obtenu la villa promise.
Elle a également déclaré qu’après avoir commencé à évoquer le dossier sur les réseaux sociaux, Aziz Ndiaye lui aurait remis 10 millions de francs CFA supplémentaires. Malgré ces versements, elle estime ne pas avoir bénéficié de l’intégralité des engagements pris lors de la transaction.
Face au tribunal, Aziz Ndiaye a fermement contesté les accusations portées contre lui. Il a soutenu qu’aucun accord portant sur 120 millions de francs CFA et une villa n’avait existé. Selon sa version, c’est Awa Baldé qui l’aurait approché pour lui proposer l’acquisition du terrain.
Le promoteur a expliqué qu’il n’était pas initialement intéressé par la transaction avant qu’un accord ne soit finalement trouvé autour d’un prix de 50 millions de francs CFA. Il a précisé que la parcelle appartenait juridiquement à l’ex-mari d’Awa Baldé et que cette dernière ne disposait que d’une procuration.
Aziz Ndiaye affirme également que le terrain avait été acquis en 2011 pour un montant de 11 millions de francs CFA avant d’être revendu en 2018. Il estime ainsi que les montants avancés par la partie adverse ne correspondent pas à la réalité de la transaction.
Awa Baldé, de son côté, a insisté sur la valeur réelle du bien. Elle a décrit la parcelle comme un véritable verger comprenant plusieurs aménagements et investissements. Selon elle, le terrain abritait des manguiers, un poulailler, deux puits ainsi que diverses installations réalisées au fil des années.
Elle a notamment affirmé avoir investi près de 30 millions de francs CFA dans la clôture du terrain. Ces différents aménagements, selon elle, justifient la valeur élevée de la propriété et rendent peu crédible l’hypothèse d’une vente à seulement 50 millions de francs CFA.
Le dossier aurait également été porté devant le Pool judiciaire financier. Aziz Ndiaye a indiqué que cette procédure avait été classée sans suite. Il affirme détenir des documents prouvant qu’Awa Baldé a reçu l’intégralité des sommes convenues lors de la vente.
Le promoteur soutient en outre que son ancienne cocontractante lui resterait redevable de certains frais liés à la mutation du terrain. Il affirme qu’une décharge signée par Awa Baldé attesterait du paiement des montants dus.
Les avocats des deux parties ont largement débattu de la valeur réelle du terrain. La défense d’Awa Baldé a sollicité la désignation d’un expert afin d’évaluer la valeur vénale de la parcelle au moment de la transaction en 2018.
Selon la partie civile, le terrain pourrait aujourd’hui atteindre une valeur particulièrement importante. L’un des avocats a même avancé une estimation de 1 milliard 750 millions de francs CFA, estimant qu’une vente à 50 millions de francs CFA apparaîtrait difficilement justifiable au regard du marché foncier de la zone.
Les conseils d’Aziz Ndiaye ont, pour leur part, contesté la demande d’expertise et demandé le rejet de la constitution de partie civile. Ils estiment que les éléments du dossier démontrent que les engagements financiers ont été respectés et que les accusations formulées à l’encontre de leur client ne sont pas fondées.
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