Dans une déclaration aussi surprenante que lourde de conséquences diplomatiques, l’ancien président américain Donald Trump a affirmé mardi que la Chine pouvait désormais “continuer à acheter du pétrole à l’Iran”, marquant une rupture avec la ligne dure traditionnellement adoptée par les États-Unis à l’égard de la République islamique.
L’annonce a été faite via Truth Social, la plateforme du milliardaire républicain, alors qu’il se trouvait à bord de son avion en route pour le sommet de l’OTAN qui se tient cette semaine à La Haye. « La Chine peut désormais continuer à acheter du pétrole à l’Iran. Avec un peu de chance, ils achèteront aussi plein de pétrole américain », a-t-il écrit dans un message à la tonalité pour le moins ambivalente.
Dans la suite de sa publication, Donald Trump revendique le mérite de cette évolution : « J’ai le grand honneur d’avoir fait en sorte que ça se produise », a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions sur les modalités ou les contreparties éventuelles de cette décision.
Si elle se confirme, cette inflexion marque un tournant spectaculaire. Depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 sous la présidence Trump, Washington a imposé une série de sanctions visant à priver l’Iran de ses revenus pétroliers, principale source de financement de son économie. Ces sanctions s’appliquaient également aux pays tiers, dont la Chine, qui continuaient d’importer du brut iranien en dépit des avertissements américains.
Ce signal d’assouplissement, qui n’a pas encore été formalisé par un décret ou une déclaration du Département d’État, pourrait être perçu comme une tentative de rééquilibrage dans le jeu géopolitique et énergétique mondial, alors que la Chine demeure l’un des plus grands consommateurs de pétrole au monde.
À Pékin comme à Téhéran, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée dans l’immédiat. Toutefois, les observateurs s’attendent à ce que cette déclaration suscite des remous, notamment parmi les alliés traditionnels des États-Unis au Moyen-Orient comme Israël et l’Arabie saoudite, farouchement opposés à tout relâchement de la pression sur l’Iran.
D’un point de vue économique, cette éventuelle levée de restrictions pourrait ouvrir de nouvelles perspectives commerciales entre Pékin et Téhéran, tout en accentuant la concurrence sur le marché mondial du pétrole, à un moment où les cours du brut restent volatils.
Il reste à déterminer si cette sortie de Donald Trump s’inscrit dans une logique de politique étrangère cohérente ou s’il s’agit d’une manœuvre ponctuelle à visée électorale, alors que le magnat républicain se positionne de nouveau en candidat pour la présidentielle de 2028.