Société
Droits de l’Homme : Amsatou Sow Sidibé remet les rapports 2023, 2024 et 2025 de la CNDH à Diomaye Faye
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par
Diack
La présidente de la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Pr Amsatou Sow Sidibé, a été reçue ce vendredi 31 juillet 2026 au Palais de la République par le président Bassirou Diomaye Faye. Au cours de cette audience, elle a officiellement remis au chef de l’État les rapports annuels de l’institution portant sur les années 2023, 2024 et 2025.
Cette rencontre constitue une étape importante dans les relations entre la CNDH et les pouvoirs publics. Selon un communiqué de la Commission, il s’agit en effet de la première fois depuis 25 ans que les rapports annuels de l’institution sont officiellement présentés au chef de l’État. Une démarche que la CNDH considère comme un signal fort dans le renforcement du dialogue institutionnel autour de la promotion et de la protection des droits humains au Sénégal.
À l’occasion de cette audience, Amsatou Sow Sidibé a salué les différentes réformes engagées par les autorités pour renforcer l’indépendance et le fonctionnement de la Commission. Parmi les mesures évoquées figurent notamment l’adoption de la nouvelle loi portant création de la CNDH, ainsi que la nomination de sa présidente à l’issue d’un appel public à candidatures.
La présidente de la Commission a également relevé le paiement des arriérés de cotisations internationales et les dispositions prises pour permettre à l’institution de retrouver le statut « A », conformément aux Principes de Paris. Cette reconnaissance internationale constitue un enjeu majeur pour les institutions nationales des droits de l’Homme, puisqu’elle atteste de leur conformité aux standards internationaux en matière d’indépendance et de fonctionnement.
Les trois rapports remis au président de la République présentent un état des lieux de la situation des droits de l’Homme au Sénégal au cours des années 2023, 2024 et 2025. Ils mettent en relief plusieurs avancées enregistrées dans les domaines de la gouvernance, de l’accès à la justice et du renforcement du cadre institutionnel.
Mais au-delà des progrès relevés, la CNDH attire également l’attention sur plusieurs défis qui demeurent. Les conditions de détention, la protection des droits des enfants et des femmes, la situation des personnes handicapées ainsi que la consolidation des libertés publiques figurent parmi les principales préoccupations soulevées dans les différents rapports.
Depuis son arrivée à la tête de l’institution, Amsatou Sow Sidibé a par ailleurs présenté plusieurs actions engagées pour renforcer les mécanismes de protection des droits humains. Elle a notamment évoqué l’amélioration du traitement des plaintes, les missions de monitoring effectuées dans les lieux de privation de liberté et les activités de formation destinées aux forces de défense et de sécurité sur les questions relatives aux droits de l’Homme.
La CNDH entend également renforcer son ouverture et sa coopération avec les différents acteurs intervenant dans le domaine. Dans ce cadre, l’institution a développé plusieurs partenariats stratégiques avec des institutions nationales et internationales afin de consolider ses capacités d’intervention et de suivi des droits humains.
Au cours de l’audience, la présidente de la CNDH a aussi sollicité le haut patronage du chef de l’État pour la deuxième édition du Prix national des Droits de l’Homme. Prévue en décembre 2026, cette distinction sera consacrée cette année aux droits des personnes en situation de handicap.
Pour la CNDH, ce prix ne devrait pas se limiter à une initiative ponctuelle. L’institution souhaite son institutionnalisation afin d’en garantir la pérennité et d’en faire un rendez-vous régulier destiné à valoriser les acteurs qui œuvrent en faveur de la promotion et de la défense des droits humains au Sénégal.
La question des moyens reste toutefois au cœur des préoccupations de la Commission. Amsatou Sow Sidibé a plaidé pour un renforcement des ressources budgétaires de l’institution, mais aussi pour l’installation d’antennes régionales afin de rapprocher la CNDH des populations sur l’ensemble du territoire national.
Elle a également insisté sur la nécessité de mettre à la disposition de la Commission un siège adapté à ses missions et à ses besoins. Le processus de ré-accréditation au statut « A » a, lui aussi, été présenté comme une priorité, compte tenu de son importance pour la crédibilité et la conformité de l’institution aux standards internationaux.
À travers cette remise officielle des rapports annuels, la CNDH entend ainsi consolider le dialogue avec les autorités tout en maintenant son rôle de veille sur la situation des droits humains dans le pays. Pour l’institution, le renforcement de son indépendance, de ses moyens d’action et de sa présence sur le terrain demeure indispensable pour assurer pleinement sa mission de promotion et de protection des droits de l’Homme au Sénégal.
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