Le Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail du département d’État des États-Unis a publié son rapport 2024 sur la situation des droits humains au Sénégal, relevant des évolutions positives tout en mettant en lumière des défis persistants.
Selon le document, l’élection présidentielle de mars 2024, qui a marqué un tournant politique dans le pays, a été « largement considérée comme équitable et exempte d’abus et d’irrégularités », un constat salué par les observateurs nationaux et internationaux.
Malgré ces avancées, le rapport souligne plusieurs préoccupations majeures. Des informations jugées crédibles font état de « traitements ou peines cruels, inhumains ou dégradants, d’arrestations ou de détentions arbitraires, ainsi que de graves restrictions à la liberté d’expression et à la liberté des médias ».
Le département d’État américain note que le gouvernement sénégalais a pris certaines mesures crédibles pour identifier et sanctionner les responsables présumés de violations des droits humains. Toutefois, l’impunité reste un problème, freinant les efforts de justice et de réparation.
En Casamance, région méridionale enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau, le conflit de faible intensité opposant forces de sécurité et groupes séparatistes armés s’est poursuivi. Les violences, cependant, ont été rares en 2024, marquant une trêve relative dans cette zone historiquement instable.
Le rapport évoque également des cas d’exécutions extrajudiciaires présumées. Amnesty International a rapporté que trois personnes avaient perdu la vie le 5 février lors de manifestations organisées à travers le pays, après la décision du Parlement de reporter l’élection présidentielle. « Ni la société civile ni les médias n’ont pu déterminer si ces décès étaient imputables aux forces de sécurité, aux manifestants ou à d’autres circonstances », précise le document américain.
En conclusion, le rapport du département d’État américain dresse un bilan contrasté : si le Sénégal a enregistré des progrès démocratiques notables, notamment dans la tenue de l’élection présidentielle, les défis liés au respect des droits humains et à la lutte contre l’impunité demeurent préoccupants.