« Dundal PS » : le cri d’alarme des héritiers de Senghor

Le Parti socialiste (PS) sénégalais, jadis colonne vertébrale de la République, vacille. Un manifeste publié le 28 janvier 2026, intitulé « Dundal PS » (« Faire revivre le PS »), sonne comme un électrochoc. Selon ses auteurs, le parti de Léopold Sédar Senghor et de Abdou Diouf est au bord de l’effacement et doit impérativement se réinventer.

Un héritage menacé

Créé en 1948 sous ses différentes appellations historiques avant de devenir le Parti socialiste, le PS a joué un rôle central dans la lutte pour l’indépendance et dans la construction des institutions démocratiques du Sénégal.

Aujourd’hui, les signataires du manifeste dressent un constat alarmant : une présence quasi inexistante dans l’espace public, une absence remarquée sur les réseaux sociaux et un recul électoral spectaculaire. Lors des élections législatives de novembre 2024, le parti n’a obtenu qu’un seul député.

Les structures internes sont jugées « lourdes et inefficaces », tandis que la direction est qualifiée de « faible » et « sans vision ».

Des réformes jugées insuffisantes

Les différentes tentatives de relance — séminaires, commissions spéciales ou encore congrès régulièrement reportés — sont dénoncées comme des « opérations d’auto-célébration » dépourvues de véritable contenu politique.

« Nous avons épuisé les avertissements ignorés », écrivent les auteurs du texte, qui disent désormais refuser les demi-mesures.

La philosophie de la refondation

Le manifeste s’ouvre sur deux références fortes : « Nit nitay garabam » (« l’homme est le remède de l’homme ») et le principe africain de l’Ubuntu (« je suis parce que nous sommes »).

Les signataires proposent une refondation articulée autour de trois axes majeurs :

  • reprendre la parole publique et redevenir une force de proposition ;
  • réformer les structures du parti afin de les rendre plus efficaces ;
  • rassembler les militants autour d’un projet actualisé et d’une direction légitime.

Un appel au-delà des clivages

Parmi les 46 signataires figurent d’anciens ministres tels que Alioune Ndoye et Serigne Mbaye Thiam, ainsi que des élus locaux, des responsables de la diaspora et de jeunes militants.

Au-delà du cadre partisan, les auteurs affirment s’adresser à tous les Sénégalais attachés aux valeurs de justice sociale, de solidarité et de démocratie. Ils plaident pour l’émergence d’une direction consensuelle capable de porter l’ambition d’un Sénégal plus équitable et plus inclusif.

Une étape décisive

Le Parti socialiste se trouve désormais à un tournant de son histoire : se réinventer ou disparaître. Ce manifeste pourrait constituer le dernier sursaut d’un parti historique, mais aussi le premier acte de sa renaissance politique.

Après plusieurs décennies au cœur du pouvoir sénégalais, le PS est confronté à l’un des plus grands défis de son existence : retrouver sa place dans un paysage politique profondément transformé.


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