L’effondrement tragique d’un immeuble de type R+5 à Ngor continue de faire des vagues. Deux personnes ont perdu la vie dans ce drame survenu en marge de travaux de terrassement menés sur un chantier voisin. L’enquête progresse rapidement : selon les informations du journal Libération, le parquet a transmis le dossier au juge d’instruction du 2e cabinet, qui a aussitôt ordonné la mise sous mandat de dépôt de trois individus.
Les mis en cause sont Pape Maoumy Fall, entrepreneur en charge des travaux, Mafal Dieng, propriétaire de l’engin d’excavation utilisé sur le site, et Cheikh Dieng, conducteur de la pelleteuse. Tous trois sont poursuivis pour mise en danger de la vie d’autrui, une qualification lourde au vu des circonstances.
Les premières conclusions de l’enquête préliminaire pointent vers de graves manquements aux règles élémentaires de sécurité. Aucune étude de sol n’avait été réalisée avant le début du terrassement. Plus grave encore, les travaux ont été effectués sans aucune mesure de sécurisation du bâtiment voisin, qui s’est effondré sous la pression.
Le propriétaire de l’immeuble sinistré, un certain M. Cissé, ne cache pas sa colère. Selon ses déclarations, il avait contracté un prêt bancaire pour ériger son bâtiment, désormais réduit à un amas de gravats. Il a déposé plainte contre la société Afribat, promoteur du chantier mitoyen, qu’il accuse d’avoir creusé trop près des fondations de son immeuble, provoquant ainsi l’effondrement.
Un autre rescapé du drame, identifié comme A. Fall, a lui aussi décidé de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Il dénonce un chantier “mené dans l’irresponsabilité la plus totale”, sans aucune considération pour la sécurité des riverains.