Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Mouhamadou Bamba Cissé, est sorti de sa réserve à la suite des incidents enregistrés dans plusieurs centres d’enrôlement pour l’obtention de la carte nationale d’identité biométrique CEDEAO. Ces incidents, largement relayés sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique, concernent principalement des femmes portant le voile, à qui il aurait été demandé de se découvrir entièrement la tête, suscitant incompréhensions, frustrations et parfois des altercations.
Dans un communiqué officiel rendu public le 26 décembre, le ministre a tenu à apporter des clarifications fermes et sans ambiguïté. Il y indique que des instructions claires ont été données à l’ensemble des opérateurs chargés de l’enrôlement afin de respecter les convictions religieuses et culturelles des citoyennes concernées. Désormais, il est expressément demandé aux agents d’« enrôler les femmes porteuses de voile sans exiger d’elles qu’elles se décoiffent ».
Le communiqué précise également que, dans le cadre de la prise de photo pour la carte biométrique, l’essentiel est que le visage de la personne soit suffisamment dégagé pour permettre une identification fiable. À ce titre, le ministère souligne que « l’enrôlement peut se faire dès que le visage est assez dégagé, sans avoir besoin de découvrir les oreilles ». Cette précision vise à mettre fin aux interprétations abusives de certaines consignes techniques et à harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire.
Par cette sortie officielle, le ministre de l’Intérieur entend non seulement apaiser les tensions, mais aussi rappeler que le processus d’enrôlement doit se dérouler dans un climat de respect, de dignité et d’inclusion. Il a insisté sur la nécessité, pour les agents déployés dans les centres, de faire preuve de professionnalisme et de discernement, afin d’éviter toute atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, notamment à la liberté de religion.
Cette clarification intervient dans un contexte de forte affluence dans les centres d’enrôlement, liée à l’importance de la carte nationale d’identité biométrique CEDEAO, devenue un document clé pour de nombreuses démarches administratives et pour la libre circulation dans l’espace communautaire. Le ministère assure suivre de près la mise en œuvre de ces directives et n’exclut pas des mesures disciplinaires à l’encontre des agents qui s’en écarteraient.