Le dossier dit « Omart City » continue de défrayer la chronique judiciaire. Mardi, devant le tribunal, le parquet a requis trois ans de prison ferme contre Abdoulaye Mamadou Guissé, présenté comme le principal instigateur de cette vaste escroquerie foncière, rapporte Libération dans son édition du mercredi 10 septembre.
Dans le même réquisitoire, le procureur a demandé deux ans de prison ferme à l’encontre de Pape Bouba Camara, supposé « directeur de cabinet » de l’accusé, ainsi que contre Khady Faye, identifiée comme la fausse tante du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Le verdict est attendu le 14 octobre prochain.
Les chiffres révélés à la barre donnent la mesure du scandale : plus de 3 000 victimes ont été recensées à ce jour, et près de 200 nouvelles parties civiles se sont récemment constituées devant la justice. Séduits par la promesse de logements et de terrains à des prix attractifs, des milliers de citoyens ont vu leurs économies s’envoler dans ce qui s’apparente à l’une des plus grandes escroqueries foncières qu’ait connues le pays.
Au-delà des pertes financières, cette affaire a profondément ébranlé la confiance des Sénégalais dans certains projets immobiliers privés, souvent présentés comme des solutions miracles face à la crise du logement. Le procès en cours devrait déterminer les responsabilités et fixer les sanctions, mais il soulève déjà de vifs débats sur la régulation du secteur et la protection des consommateurs.