Suivez-nous

Société

Fistule obstétricale au Sénégal : une souffrance silencieuse qui brise des vies

La fistule obstétricale demeure un fléau silencieux au Sénégal, frappant particulièrement les femmes des zones rurales, souvent éloignées des structures de santé. Selon les chiffres du ministère de la Santé, environ 200 cas sont enregistrés pour 100.000 naissances. Derrière ces données, ce sont des milliers de femmes qui voient leur vie basculer dans la douleur, la solitude et l’exclusion.

Cette affection grave, provoquée par un accouchement prolongé et mal assisté, entraîne une déchirure entre le vagin et la vessie ou le rectum, provoquant des fuites constantes d’urine ou de matières fécales. Les femmes touchées deviennent alors des parias, rejetées par leurs maris, leurs familles et parfois même leur communauté.

Dans la région de Tambacounda, notamment à Koumpentoum et Kidira, cette réalité est dramatique. De nombreuses femmes, jeunes pour la plupart, vivent avec cette pathologie dans le silence, parfois pendant des années. Ramata, une survivante, témoigne avec émotion : « Pendant deux ans, je vivais dans l’isolement, je ne contrôlais plus rien. C’était inhumain. » Son histoire n’est malheureusement pas un cas isolé.

La pauvreté, les mariages précoces, le manque d’éducation, les grossesses rapprochées et surtout les accouchements à domicile sans assistance médicale sont parmi les principales causes de cette maladie pourtant évitable. Faute d’un accès rapide à une césarienne ou à un personnel de santé qualifié, les complications se multiplient, et la fistule devient une sentence.

Face à cette urgence sanitaire et sociale, des avancées notables ont été enregistrées. Grâce à un partenariat entre l’État du Sénégal et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la prise en charge de la fistule est aujourd’hui gratuite dans certains hôpitaux. Des campagnes de sensibilisation, de dépistage et d’intervention chirurgicale sont organisées régulièrement pour redonner une dignité à ces femmes oubliées.

Toutefois, les efforts restent insuffisants. Il est urgent de renforcer les politiques de prévention, d’améliorer l’accès aux soins obstétricaux d’urgence dans les zones reculées et de lutter contre les déterminants sociaux comme le mariage des mineures. Tant que ces causes profondes ne seront pas adressées, la fistule obstétricale continuera de priver des milliers de Sénégalaises de leur droit fondamental à la santé, à la dignité et à une vie normale.


En savoir plus sur LE DAKAROIS

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publicité

Plus dans Société

En savoir plus sur LE DAKAROIS

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture