À l’occasion de la cérémonie marquant la fusion de plusieurs formations politiques au sein de Pastef, Ousmane Sonko a livré un discours à la fois empreint de reconnaissance envers les militants et porteur d’orientations stratégiques pour l’avenir du parti au pouvoir. Devant les responsables et sympathisants réunis pour l’événement, le leader de Pastef a insisté sur la nécessité de préserver l’esprit fondateur du mouvement tout en renforçant son ancrage politique à l’échelle nationale.
Rendant hommage aux militants de base, Ousmane Sonko a salué leur engagement constant et leur conception de l’action politique qu’il a qualifiée de « sacerdoce au service des populations ». Selon lui, la force de Pastef repose avant tout sur ces hommes et ces femmes qui, depuis les premières heures du mouvement, ont porté son projet politique malgré les difficultés et les épreuves traversées.
Le président du parti a également rappelé qu’il est à l’origine de l’appellation Pastef, un nom choisi pour refléter une ambition qui dépasse la seule conquête du pouvoir. Il a expliqué que cette formation a été pensée comme un cadre d’éducation politique et de transmission de valeurs, fondé sur le principe du « don de soi pour la patrie ». Une vision qui, d’après lui, a favorisé l’adhésion massive de nombreux jeunes, de membres de la diaspora ainsi que de diverses catégories socioprofessionnelles à travers le Sénégal et à l’étranger.
Toutefois, au-delà des satisfactions liées à l’élargissement du parti, Ousmane Sonko a tenu à adresser un message de prudence à ses militants. Il a mis en garde contre toute forme de triomphalisme ou de sentiment de supériorité politique, estimant qu’une telle posture pourrait constituer un danger pour l’avenir de la formation.
« L’une des plus grandes erreurs, c’est de penser que nous sommes majoritaires dans ce pays et qu’il n’est pas nécessaire de s’ouvrir », a-t-il déclaré, rappelant que la politique demeure avant tout un espace de compétition où aucune victoire ne peut être considérée comme définitivement acquise.
Dans cette perspective, il a plaidé pour une plus grande ouverture du parti et pour le renforcement de ses capacités organisationnelles. Selon lui, Pastef doit poursuivre son élargissement afin de consolider ses acquis et de rassembler davantage de Sénégalais autour de son projet politique.
Le leader politique a également insisté sur la nécessité de bâtir un appareil partisan solide, capable de résister à l’épreuve du temps et aux changements de conjoncture. Pour lui, la pérennité d’une organisation politique ne peut reposer uniquement sur la popularité ou le charisme de ses dirigeants, mais doit s’appuyer sur des institutions internes fortes et sur une structuration durable.
Abordant la question de la gouvernance interne, Ousmane Sonko a défendu l’idée d’un leadership partagé, estimant que l’avenir du parti passe par l’émergence de plusieurs centres de responsabilités et de compétences. « Le leadership est important, mais il doit être pluriel », a-t-il affirmé, appelant les responsables de Pastef à mettre en place les mécanismes nécessaires pour assurer la continuité et la stabilité du mouvement.