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Gamou de Katsina 2026 : quand foi et opportunités économiques se croisent

À l’approche du Gamou international de Katsina, prévu le 17 janvier 2026 au Nigeria, la question de la place du Sénégal dans les grands rendez-vous religieux africains se pose avec acuité. Plus qu’une célébration spirituelle, cet événement, qui mobilise chaque année des centaines de milliers de fidèles ainsi que des acteurs influents du continent, s’impose désormais comme un véritable carrefour de diplomatie religieuse et d’opportunités économiques.

Dans ce contexte, la sortie de Moubarack Wade, fondateur de Baye Networking et président de la Commission Marketing et Entrepreneuriat de la JADS, résonne comme une interpellation stratégique. Selon lui, l’absence ou la faible visibilité du Sénégal à Katsina soulève la question de sa capacité à capitaliser sur des espaces d’influence où se croisent foi, leadership et développement.

Le Nigeria, première puissance économique d’Afrique, fait du Gamou de Katsina un levier de rayonnement régional. En marge des cérémonies religieuses se tissent des relations informelles mais déterminantes, impliquant autorités religieuses, responsables politiques, opérateurs économiques et membres influents de la diaspora. Autant de cercles au sein desquels le Sénégal, fort de son héritage soufi et de son capital symbolique dans l’islam ouest-africain, dispose d’atouts majeurs.

Pour Moubarack Wade, l’enjeu dépasse largement la simple participation protocolaire. Il s’agit de concevoir le Gamou comme un instrument de positionnement stratégique, capable de renforcer les liens sénégalo-nigérians et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération Sud-Sud. « Les grands événements religieux sont devenus des espaces de soft power », souligne-t-il, estimant que le Sénégal doit y défendre une vision intégrée, alliant culture, économie et diplomatie.

Cette approche plaide pour une mobilisation coordonnée des acteurs étatiques et non étatiques : confréries religieuses, institutions publiques, secteur privé et réseaux de la diaspora. Une telle synergie permettrait non seulement de valoriser le modèle sénégalais de coexistence religieuse, mais aussi de promouvoir ses initiatives entrepreneuriales et ses potentialités économiques.

À quelques jours de Katsina 2026, le débat est désormais posé. Au-delà de la ferveur spirituelle, le Gamou apparaît comme un révélateur : celui de la capacité du Sénégal à transformer son capital religieux en un véritable levier d’influence régionale et de développement économique.


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