Malgré les réquisitions émises par le ministère de la Justice pour tenter de casser le mouvement, les greffiers regroupés au sein de l’Entente SYTJUST–UNTJ maintiennent leur mot d’ordre de grève de 48 heures, entamée ce mercredi 24 juillet 2025. Cette nouvelle phase du bras de fer s’inscrit dans un contexte tendu, où le dialogue entre les autorités et les syndicats est au point mort depuis plus d’un mois.
Depuis le déclenchement de la grève le 18 juin dernier, les travailleurs de la justice dénoncent l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de se réfugier dans un silence qualifié d’« assourdissant » et de « méprisant ». Pour les syndicats, le ministre de la Justice se dérobe à ses responsabilités, préférant confier la gestion du conflit à son collègue de la Fonction publique. Or, selon l’Entente, une seule rencontre a eu lieu avec ce dernier, le 1er juillet, sans qu’aucune suite ne soit donnée depuis.
« Le ministre de la Justice a failli à son devoir de garant de la stabilité du secteur. Son silence traduit un mépris inacceptable pour les travailleurs de la Justice », fustigent les syndicalistes, qui dénoncent une « inaction coupable » au sommet de l’État face aux dysfonctionnements de plus en plus visibles dans le service public de la Justice.
Face à la poursuite de la grève, les autorités ont décidé de recourir à des réquisitions afin de contraindre certains agents à reprendre le travail. Une mesure que l’Entente considère comme une atteinte grave aux libertés syndicales et au droit constitutionnel de grève. « Ce sont des manœuvres d’intimidation, juridiquement infondées, destinées à briser la mobilisation », dénonce-t-elle.
Les deux syndicats y voient une tentative de museler le mouvement syndical et d’affaiblir la lutte en cours, alors qu’ils estiment que les revendications vont bien au-delà des préoccupations sectorielles. « Il s’agit désormais de défendre le droit syndical, de préserver notre indépendance et de refuser l’humiliation imposée par le silence méprisant des autorités. »
Plus qu’un simple conflit entre administration et personnel judiciaire, cette crise prend une tournure politique et sociale. L’Entente SYTJUST–UNTJ lance un appel solennel à toutes les centrales syndicales et aux forces sociales du pays pour qu’elles se mobilisent en soutien à leur combat. « Nous appelons à défendre les acquis démocratiques et syndicaux durement conquis par les travailleurs. Le combat continue et il sera à la hauteur des attaques subies », concluent-ils.