Depuis sa prise de parole dénonçant ce qu’il qualifie de « pratiques budgétivores », le député Guy Marius Sagna, élu sous la bannière de la coalition PASTEF, continue de secouer les colonnes de l’Assemblée nationale. À travers une proposition de réforme audacieuse relayée par RFM, le parlementaire remet en cause certains avantages traditionnellement accordés aux députés sénégalais.
le « sukëru koor », une aide financière accordée aux députés à l’occasion de la Korité, les 150 000 FCFA de crédit téléphonique mensuel, les 100 000 FCFA de primes plénières, ainsi que les appuis financiers pour la Korité (300 000 FCFA) et la Tabaski (500 000 FCFA).
Pour Guy Marius Sagna, ces avantages constituent une charge injustifiée pour les finances publiques dans un contexte où l’État appelle à la rationalisation des dépenses. L’élu considère qu’une telle démarche s’inscrit dans une logique de moralisation de la vie publique et de solidarité avec les populations, souvent confrontées à de graves difficultés économiques.
Si ses propositions trouvent un certain écho auprès de l’opinion publique, elles risquent de se heurter à la résistance de ses collègues parlementaires, premiers bénéficiaires de ces privilèges. Le principal défi pour Guy Marius Sagna sera donc de rallier une majorité à l’Assemblée autour d’une réforme qui touche directement aux intérêts des députés eux-mêmes.
Car au-delà de la légitimité morale de la démarche, le combat s’annonce politique : convaincre dans un environnement où la solidarité de corps prévaut souvent sur les idéaux de rigueur budgétaire.
Ce positionnement renforce l’image d’un député fidèle à son engagement de rupture, mais pose aussi une question stratégique : jusqu’où le pouvoir exécutif et les autres groupes parlementaires — notamment ceux qui prônent eux aussi le changement — sont-ils prêts à aller pour instaurer une gestion sobre des deniers publics ?
La proposition de Guy Marius Sagna place en tout cas ses collègues devant leurs responsabilités : continuer à défendre des avantages perçus comme indus, ou accepter d’y renoncer au nom de la transparence et de la justice sociale.
Dans un pays où les inégalités sociales sont criantes, le soutien populaire à une telle réforme ne fait guère de doute. Mais en l’absence d’un véritable consensus interne, cette initiative pourrait bien rester symbolique. Elle aura néanmoins le mérite d’ouvrir un débat public sur les privilèges des représentants du peuple et sur l’exemplarité attendue d’eux.
En attaquant de front les privilèges parlementaires, Guy Marius Sagna ne se fait pas que des amis dans l’hémicycle. Mais il pose une question essentielle : les élus sont-ils prêts à se délester de certains avantages au nom de l’éthique républicaine ? La suite du débat parlementaire nous dira si la vertu peut triompher sur le confort.