Politique
Guy Marius Sagna relance le débat sur la gestion de l’APROSI : un nouveau front dans la bataille pour la transparence
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par
Diack
Le député Guy Marius Sagna revient à la charge sur la gestion des structures publiques. Cette fois, c’est l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI) qui est au centre de ses préoccupations. Le parlementaire a révélé que le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, a officiellement répondu à sa question écrite du 9 juillet 2025 concernant de possibles irrégularités au sein de l’agence.
Dans la réponse transmise par le ministre de l’Industrie et du Commerce, il est indiqué qu’une mission d’enquête et de vérification a été confiée à l’inspection interne du ministère depuis le 16 juillet 2025. Les conclusions de cette mission, accompagnées de toutes les pièces justificatives, devraient être communiquées « dans les meilleurs délais », selon les termes du député.
À l’origine de cette interpellation, plusieurs zones d’ombre entourent la gestion du directeur général de l’APROSI. Dans sa question écrite, Guy Marius Sagna pointait notamment du doigt la location d’un véhicule à 4,7 millions de francs CFA par mois pendant dix mois, alors même que l’agence souffre d’un endettement important. Il a également dénoncé l’octroi de 500 litres de carburant mensuels au directeur général, bien qu’il bénéficie déjà d’indemnités couvrant ce poste. Autre fait relevé : neuf voyages professionnels effectués par le responsable de l’agence, tous marqués par un passage systématique par Paris, à l’aller comme au retour. Pour le député, ces pratiques sont non seulement coûteuses, mais surtout incompatibles avec la situation financière de l’APROSI. « J’espère que le dossier de l’APROSI ne sera pas traité comme celui de la Chambre de commerce de Ziguinchor », a-t-il mis en garde.
Ce rappel n’est pas anodin. En décembre 2024, Guy Marius Sagna avait déjà interpellé le ministère de l’Industrie sur des soupçons de détournements de fonds à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor ainsi qu’au port de la même ville. À l’époque, il dénonçait des paiements de plus de 150 millions de francs CFA effectués au profit de l’hôtel Kandiandoumagne, géré par le président de la Chambre lui-même. Parallèlement, une partie importante du personnel vivait dans la précarité, tandis que l’institution accumulait plus de 30 millions de dettes envers l’IPRES et la Caisse de sécurité sociale. Une mission d’inspection avait été annoncée en janvier 2025, mais, près d’un an plus tard, aucun rapport n’a été rendu public.
Cette lenteur suscite la colère du député, qui accuse le ministère de faire preuve de complaisance. « Cherchez-vous à protéger le président de la Chambre de commerce au détriment des populations de Ziguinchor, des travailleurs et des intérêts du Sénégal ? » s’est-il insurgé. Pour Guy Marius Sagna, ces retards traduisent un manque de volonté politique dans la lutte contre la mauvaise gestion et les abus au sein des institutions publiques.
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