Un nouvel épisode de tension a marqué ce lundi les travaux de l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’examen du projet de révision constitutionnelle. À la suite de l’incident survenu dans l’hémicycle, le député Thierno Alassane Sall a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une violation du règlement intérieur de l’institution parlementaire.
Face à la presse, le parlementaire a estimé que le climat politique actuel est incompatible avec l’objectif affiché de renforcer la démocratie sénégalaise à travers la réforme constitutionnelle en cours.
« Vous voyez le climat de haine et de violence qu’ils ont installé. Comment peut-on croire que cette révision de la Constitution qu’ils tentent a pour effet d’améliorer le fonctionnement de la démocratie au Sénégal, quand un député est empêché d’exercer ses droits les plus élémentaires conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale ? », a déclaré Thierno Alassane Sall.
Le député a notamment invoqué les dispositions du règlement intérieur relatives à la question préalable. Selon lui, la pratique parlementaire a toujours permis à un député ayant introduit une question préalable de reprendre la parole lorsque d’autres intervenants, notamment le président du groupe parlementaire majoritaire, prennent part au débat.
Il a rappelé que cette procédure aurait été respectée au sein de l’Assemblée nationale durant les précédentes législatures. « Le règlement intérieur a toujours prévu que le député a droit à une question préalable et que si, par extraordinaire, d’autres interviennent sur cette question préalable, notamment le président du groupe parlementaire de la majorité, il a le droit de reprendre la parole. Cela a toujours été pratiqué jusqu’à ce matin », a-t-il soutenu.
Thierno Alassane Sall a ensuite directement mis en cause le président de l’Assemblée nationale, qu’il accuse de ne pas respecter les règles de fonctionnement de l’institution. Le député a dénoncé ce qu’il qualifie de dérive dans la conduite des débats parlementaires et a estimé que les principes démocratiques sont mis à mal.
Dans un ton particulièrement critique, il a affirmé que le président de l’hémicycle avait été installé « en violation du règlement intérieur » et l’a accusé de diriger l’Assemblée selon « des règles de putsch », estimant que certains députés seraient désormais privés de leurs droits d’expression.