La décision du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF) d’interdire toute communication téléphonique à Mabintou Diaby continue de susciter une vive polémique. Selon les informations rapportées par L’Observateur dans son édition de ce samedi, cette mesure particulièrement stricte intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par de sérieuses préoccupations relatives à l’état de santé de la détenue.
Depuis la semaine dernière, Mabintou Diaby est totalement privée de tout contact avec l’extérieur. Il lui est désormais interdit de communiquer par téléphone, y compris avec son époux, une situation que ses proches et ses avocats jugent inhumaine et juridiquement contestable. Pour la défense, cette interdiction constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux d’une personne placée en détention provisoire.
Face à ce qu’ils qualifient de « violation manifeste des droits de la personne détenue », les avocats de Mabintou Diaby ont annoncé leur intention d’engager une offensive juridique. Ils comptent saisir le juge d’instruction afin d’obtenir la levée rapide de cette mesure, estimant qu’elle n’est ni proportionnée ni justifiée au regard de la situation médicale et personnelle de leur cliente. Le pool d’avocats reste également mobilisé dans l’attente du rapport d’expertise médicale complémentaire ordonné par le collège des juges d’instruction du PJF, un document très attendu dont la remise était annoncée pour le lundi 15 décembre.
Les inquiétudes liées à la santé de Mabintou Diaby sont au cœur de cette affaire. D’après les mêmes sources, elle souffrirait de plusieurs anomalies médicales sérieuses, parmi lesquelles figure une insuffisance cardiaque droite, associée à une baisse importante du taux d’oxygène dans le sang. Des complications qui, sans un suivi médical rigoureux et régulier, pourraient s’avérer potentiellement fatales. L’expertise médicale a été réalisée par un gynécologue, mais le rapport n’a pas encore été officiellement déposé, alimentant davantage les craintes de la défense et de la famille.
Sur le plan judiciaire, Mabintou Diaby est poursuivie pour des faits d’une extrême gravité. Elle est inculpée pour association de malfaiteurs, complicité dans des infractions commises par un groupe criminel organisé, ainsi que complicité de blanchiment de capitaux issus d’activités criminelles organisées. Les enquêteurs lui reprochent également l’utilisation de facilités liées à l’exercice de son activité professionnelle dans la commission de ces faits présumés.
Placée sous mandat de dépôt le 29 novembre 2025, Mabintou Diaby avait déjà connu un épisode médical critique avant même cette décision controversée. Le 23 octobre 2025, l’administration pénitentiaire avait procédé à son transfert d’urgence à l’hôpital Principal de Dakar, avant son admission, le lendemain, au pavillon spécial. Un élément qui renforce, selon ses avocats, la nécessité d’un traitement plus humain et respectueux de ses droits, en particulier en ce qui concerne le maintien du lien avec ses proches.