Justice
Ismaïla Madior Fall après la levée de son assignation : « Cette affaire est une non-affaire »
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par
Diack
L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, est sorti de son silence après la levée de son assignation à résidence et le retrait du bracelet électronique qui lui avait été imposé dans le cadre de la procédure engagée devant la Haute Cour de justice. Dans un entretien accordé à L’Observateur, il a exprimé son soulagement tout en réaffirmant son innocence et en dénonçant ce qu’il considère comme de graves irrégularités dans le traitement de son dossier.
Revenant sur la décision mettant fin aux mesures restrictives qui le visaient, l’ancien Garde des Sceaux dit éprouver un profond sentiment de satisfaction. Selon lui, cette évolution représente à la fois « un sentiment de justice humaine, mais surtout de justice divine ». Il soutient que le maintien du bracelet électronique n’avait plus de fondement légal depuis le 25 mai, estimant que cette mesure était devenue irrégulière à compter de cette date.
Ismaïla Madior Fall s’est également prononcé sur le nouveau renvoi de son procès devant la Haute Cour de justice. À ses yeux, ce report s’inscrit dans une stratégie juridique destinée à faire face aux insuffisances du dispositif actuel régissant cette juridiction d’exception. Il qualifie même la loi organisant la Haute Cour de justice de « monstruosité juridique », estimant qu’elle ne répond pas aux exigences contemporaines d’un procès équitable.
L’ancien ministre plaide ainsi pour une réforme en profondeur de cette législation. Il considère que le Sénégal doit adapter son arsenal juridique afin de le rendre conforme aux dispositions de la Constitution ainsi qu’aux engagements internationaux du pays en matière de droits fondamentaux et de garanties judiciaires.
Sur le plan international, Ismaïla Madior Fall confirme avoir engagé une procédure devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Il indique que cette procédure suit normalement son cours et se dit convaincu que la décision attendue pourrait exercer une pression supplémentaire sur les autorités sénégalaises afin qu’elles réforment la loi relative à la Haute Cour de justice. Selon lui, le modèle actuel constitue une exception au sein de l’espace communautaire ouest-africain.
Malgré les poursuites engagées contre lui, l’ancien professeur de droit affirme conserver toute sa confiance envers l’institution judiciaire sénégalaise. Il rappelle avoir consacré une grande partie de sa carrière à la formation de nombreux magistrats et professionnels de la justice, avant de servir à deux reprises comme ministre de la Justice. Cette expérience, soutient-il, renforce son attachement à l’État de droit et à l’indépendance de la justice.
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