L’ONG Jamra a récemment publié un communiqué sur ses plateformes numériques dans lequel elle attire l’attention sur l’association AIDES-Senegal, qu’elle présente comme la plus représentative des 16 associations d’homosexuels reconnues par l’État du Sénégal. Selon le message diffusé, l’organisation compterait environ 650 membres et bénéficierait d’une reconnaissance administrative officielle.
Dans sa publication, Jamra affirme qu’AIDES-Sénégal aurait été enregistrée le 5 mars 2012 et disposerait d’un agrément délivré par le Ministère de l’Intérieur sous le numéro de récépissé 15444/MINT/DAGAT/DEL/AS. L’ONG soutient que cet enregistrement poserait un problème juridique au regard de l’article 319 du Code pénal sénégalais, qui réprime les actes qualifiés de « contre nature », ainsi que des dispositions du Code des obligations civiles et commerciales. Elle estime que la reconnaissance administrative d’une telle structure serait en contradiction avec ces textes.
Le communiqué précise également que le siège de l’association se situerait dans le quartier des Parcelles Assainies, à Dakar. Jamra cite par ailleurs Diadji Diouf, présenté comme dirigeant d’AIDES-Sénégal et porte-parole d’AFRICA-GAY, une coalition continentale regroupant des organisations engagées sur les questions liées aux droits des minorités sexuelles en Afrique.
Dans un ton ferme, l’ONG inscrit sa sortie médiatique dans une posture de vigilance et de dénonciation. Elle considère que « l’agenda LGBT légué par l’ancien régime est donc resté intact », laissant entendre que les changements politiques intervenus récemment n’auraient pas modifié, selon elle, l’approche institutionnelle sur ces questions. Jamra conclut son message en réaffirmant sa détermination, déclarant que « le combat continue ».