Jeux olympiques de la jeunesse 2026 : Abass Fall relance la polémique sur la place de Dakar dans l’organisation

À un peu plus d’un an des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de 2026, les interrogations sur la gouvernance de l’événement refont surface. Cette fois, c’est le maire de Dakar, Abass Fall, qui monte au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une implication insuffisante de la capitale dans l’organisation des Jeux. Une prise de position qui fait écho aux critiques formulées plusieurs mois auparavant par son prédécesseur, Barthélémy Dias, pourtant adversaire politique.

S’exprimant publiquement, Abass Fall a regretté que la Ville de Dakar soit écartée de certaines activités prévues dans le cadre des JOJ, alors même que la capitale constitue le principal théâtre de cette compétition internationale. Pour l’édile, une telle situation est difficilement compréhensible.

« Nous ne pouvons pas concevoir que la ville de Dakar soit zappée de certaines activités à Dakar. Nous voulons jouer pleinement notre rôle », a-t-il déclaré, estimant que la municipalité ne doit pas être reléguée à un simple rôle d’accompagnement ou d’animation.

À travers cette sortie, le maire plaide pour une collaboration plus étroite entre la Ville de Dakar et le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ). Selon lui, les collectivités territoriales doivent être pleinement associées aux décisions relatives à un événement qui se déroule sur leur territoire et dont elles assument une partie importante des responsabilités en matière d’accueil, de logistique et de mobilisation citoyenne.

Cette revendication n’est pas sans rappeler les critiques exprimées dès janvier 2025 par Barthélémy Dias, alors maire de Dakar. À l’époque, il dénonçait déjà le manque d’implication de la municipalité dans la préparation des Jeux, estimant que la ville hôte devait occuper une place centrale dans le processus décisionnel.

« C’est la ville qui doit candidater », affirmait-il, en soulignant que les JOJ devaient laisser un héritage durable à Dakar plutôt que se limiter à des aménagements ponctuels. Il appelait à la réalisation de projets structurants capables de transformer durablement les infrastructures urbaines et d’améliorer le cadre de vie des populations.

Barthélémy Dias rappelait également que la signature de la Ville de Dakar avait contribué à mobiliser près de 80 milliards de francs CFA pour le projet, ce qui, selon lui, justifiait une implication plus importante de la municipalité dans les différentes phases de préparation. Il avait aussi critiqué le Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), qu’il accusait de conduire l’organisation sans une véritable participation des collectivités locales ni des populations.

Aujourd’hui, malgré leurs divergences politiques et le contexte conflictuel ayant marqué la transition à la tête de la mairie de Dakar, Abass Fall et Barthélémy Dias se retrouvent sur un constat commun : la capitale, pourtant ville hôte des Jeux, ne bénéficie pas du niveau d’association qu’elle estime légitime dans l’organisation de l’événement.

Cette convergence de vues dépasse les rivalités partisanes et met en lumière une question de fond sur la gouvernance des JOJ. Elle relance le débat sur l’équilibre entre les prérogatives des instances sportives nationales, chargées de respecter les exigences du Comité international olympique, et celles des collectivités territoriales, directement concernées par l’accueil des compétitions et leurs retombées économiques, sociales et urbaines.

Au-delà de ce bras de fer institutionnel, une autre préoccupation apparaît de plus en plus présente : celle de l’appropriation populaire des Jeux. À mesure que l’échéance de 2026 approche, de nombreuses voix estiment que les Sénégalais restent encore insuffisamment informés et impliqués dans un événement pourtant présenté comme historique pour le pays et pour le continent africain.

Le déficit de communication et de sensibilisation, déjà dénoncé par Barthélémy Dias, semble désormais trouver un écho au sein de la nouvelle équipe municipale. Cette situation alimente les interrogations sur la stratégie de mobilisation autour des JOJ et pose la question de l’héritage que laissera réellement cette première édition olympique organisée sur le continent africain.


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