La Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Kaffrine a condamné, au terme de son procès, B. Mbaye, maître coranique âgé de 32 ans et domicilié dans la commune de Boulel, à une peine de dix ans de réclusion criminelle pour viol sur son élève O. Kane. En plus de cette peine privative de liberté, le tribunal lui a infligé une amende de 87 000 FCFA.
Au cours des débats, l’accusé a catégoriquement nié les faits qui lui étaient reprochés. Il a soutenu que les accusations portées contre lui relevaient d’un complot. Selon sa version, la jeune élève connaissait des difficultés dans son apprentissage du Coran en raison d’une utilisation excessive de son téléphone portable. Il a expliqué avoir confisqué l’appareil après y avoir découvert des contenus à caractère pornographique, affirmant n’avoir jamais exercé la moindre violence sexuelle sur la victime.
Cette ligne de défense a toutefois été contredite par le récit livré à la barre par la jeune fille. Lors de son audition, celle-ci a déclaré que son téléphone lui avait été retiré alors qu’elle revenait d’une course. Elle a expliqué s’être rendue dans la cour du daara afin de récupérer son appareil, avant d’être surprise par son maître coranique qui l’aurait agressée sexuellement.
À l’issue de l’instruction et des débats, le ministère public a estimé que les éléments du dossier établissaient clairement la matérialité du viol. Le procureur de la République a considéré que la responsabilité pénale de l’accusé ne souffrait d’aucune contestation et a requis une peine de dix ans de réclusion criminelle.
Les avocats de la défense ont, pour leur part, plaidé l’acquittement, estimant que plusieurs zones d’ombre subsistaient dans le dossier. Ils ont demandé au tribunal de faire prévaloir le bénéfice du doute en faveur de leur client.