L’association citoyenne « Actions Kaolack » a vivement critiqué, dans un communiqué diffusé ce week-end, la gestion municipale du maire Serigne Mboup. À travers une tribune signée par son président, Cheikh Diaw, le mouvement dénonce l’absence de vision urbaine cohérente et pointe trois dossiers sensibles : le projet « Cœur de Ville », l’occupation des boulevards et une subvention de 50 millions de francs CFA allouée à la foire FIKA.
« Derrière la communication, le flou persiste », a déclaré Cheikh Diaw, président d’« Actions Kaolack ». Selon lui, le maire renverrait systématiquement la responsabilité du projet « Cœur de Ville » à l’État, ce qui constituerait, aux yeux de l’association, « un aveu d’absence de schéma directeur municipal clair ». Il insiste : « Kaolack ne se construit pas à coup d’opportunités. »
L’association s’attaque également à la gestion des boulevards, qu’elle accuse de transformer l’espace public en « simple comptoir à redevances ». « Institutionnaliser le désordre au détriment de la mobilité et du cadre de vie, ce n’est pas moderniser la ville », a martelé Cheikh Diaw, appelant à la suspension des autorisations d’occupation en l’absence d’études d’impact.
Le troisième point de friction concerne les 50 millions de francs CFA alloués à la foire FIKA. Si « Actions Kaolack » reconnaît la légalité de la procédure, le mouvement en questionne l’opportunité et l’éthique. « Pendant que nos trottoirs sont inondés et nos hôpitaux sous-équipés, prioriser une foire liée à vos réseaux est, au mieux, contestable ; au pire, symptomatique d’un conflit d’intérêts apparent », a souligné Cheikh Diaw.
Face à ces critiques, l’association formule trois demandes : l’organisation d’un véritable débat public sur l’aménagement du centre-ville, la suspension des autorisations d’occupation des boulevards et la réalisation d’un audit éthique des subventions accordées à des structures proches du pouvoir municipal.
« Kaolack n’est pas une PME. Ce n’est pas un comptoir à gérer au coup par coup. Kaolack est un bien commun », a conclu Cheikh Diaw, appelant à « une ville pensée, et non simplement administrée ».
La mairie de Kaolack n’avait pas réagi dans l’immédiat à ces accusations.
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