Dans un contexte marqué par l’insécurité alimentaire croissante en Afrique de l’Ouest, la région de Kaolack a accueilli ce mardi un atelier de sensibilisation et de partage autour du West Africa Food System Resilience Program (FSRP), ou Programme de Résilience du Système Alimentaire. L’événement, tenu dans le cadre d’un Comité régional de développement (CRD), a réuni autorités administratives et territoriales, ainsi que de nombreux acteurs du secteur agricole et de l’élevage.
Le continent ouest-africain fait face à des défis récurrents : sécheresses prolongées, inondations destructrices, conflits locaux et crises sanitaires, autant de chocs qui menacent gravement les systèmes alimentaires. Pour y remédier, le FSRP, un programme ambitieux soutenu par la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole (FIDA), propose une approche régionale et intégrée de résilience.
Présent à Kaolack, le Dr Mouhamadou Lamine Dia, coordonnateur du programme FSRP, a détaillé les objectifs du projet et les mécanismes de financement mis en place :
« Nous sommes ici pour sensibiliser les parties prenantes sur les modalités de mise en œuvre du FSRP, notamment à travers les financements à coûts partagés. C’est un programme d’envergure doté de 230 millions de dollars, visant à renforcer la résilience des filières agricoles et pastorales dans les régions ciblées », a-t-il expliqué.
Le FSRP se décline en trois fenêtres de financement, en fonction de l’envergure des projets :
1ère fenêtre : pour 1 579 bénéficiaires, avec des financements de 3 à 5 millions FCFA, assortis d’une subvention de 70 % ; 2ème fenêtre : pour 701 bénéficiaires, avec des montants de 6 à 28,5 millions FCFA, subventionnés à hauteur de 50 % ; 3ème fenêtre : pour 15 projets de grande envergure, avec un financement de 28,5 à 285 millions FCFA, dont 30 % seront subventionnés.
Pour garantir l’efficacité et la durabilité des investissements, le FSRP fixe des critères de sélection précis. Les porteurs de projets individuels doivent justifier d’au moins une année d’expérience, tandis que les groupements doivent afficher un minimum de deux années d’existence active. Les filières ciblées incluent à la fois les productions de saison sèche (riz, mil, sorgho, maïs, fonio) et les cultures horticoles comme la banane, la pomme de terre et l’oignon.
Le programme accorde également une attention particulière aux filières d’élevage, notamment le lait, la viande de volaille, ainsi que les espèces ovines, bovines, caprines et porcines.
Cet atelier à Kaolack marque une étape clé dans la mise en œuvre décentralisée du FSRP. Il permet de mobiliser les parties prenantes autour d’une initiative qui pourrait transformer durablement l’agriculture et l’élevage dans la région. Pour les bénéficiaires potentiels, il s’agit d’une opportunité stratégique d’accroître leur productivité, d’améliorer leur résilience face aux chocs climatiques et d’accéder à des financements adaptés à leurs besoins.