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Société

Kaolack – Campagne arachidière 2025 : entre fortes attentes et crispations persistantes dans le centre du Sénégal

Alors que la campagne de commercialisation de l’arachide bat son plein dans le centre du pays, les attentes des producteurs demeurent élevées et les tensions bien réelles. À Kaolack, l’Union nationale des consommateurs du Sénégal (UNCS), pôle Centre, dresse un tableau contrasté de la situation, saluant l’implication de l’État tout en dénonçant des dysfonctionnements locaux jugés préoccupants.

La récente tournée du Premier ministre, Ousmane Sonko, consacrée à la filière arachidière, a été perçue comme un signal politique fort par de nombreux acteurs ruraux. Selon l’UNCS, cette descente sur le terrain a ravivé l’espoir d’une meilleure prise en compte des réalités vécues par les producteurs, souvent confrontés à des difficultés structurelles dans l’écoulement de leur production.

« La proximité avec les paysans et l’écoute directe de leurs préoccupations constituent une étape essentielle vers des solutions durables », estime Adnane Dème, coordonnateur du pôle Centre de l’UNCS. Pour l’organisation, la réussite de la campagne ne saurait toutefois se limiter à des annonces, mais doit s’appuyer sur une gouvernance plus juste et plus efficace de la filière.

Une filière encore fragilisée

Sur le terrain, les griefs persistent. Le non-respect du prix plancher, l’insuffisance de points de collecte fonctionnels, les lenteurs administratives et certaines pratiques spéculatives continuent de fragiliser les petits producteurs. Autant de manquements que l’UNCS juge incompatibles avec les objectifs affichés de relance de la filière et de justice sociale en milieu rural.

Au-delà des dysfonctionnements techniques, le climat dans certaines zones suscite également des inquiétudes. À Nioro du Rip, des producteurs dénoncent des comportements qu’ils qualifient d’intimidants de la part d’un responsable administratif local. Des témoignages font état d’une atmosphère de crainte, notamment dans les villages de Thiaré et Diguiraye, affectant la sérénité du déroulement de la campagne agricole.

La question de la confiance entre l’État et les producteurs

Pour l’UNCS, ces accusations, si elles venaient à être confirmées, soulèveraient un problème plus large : celui de la relation de confiance entre l’administration et les paysans. « Toute dérive contraire à l’éthique du service public fragilise la confiance et compromet les efforts de réforme engagés », alerte l’organisation.

Face à cette situation, l’UNCS appelle les autorités compétentes à agir rapidement afin de garantir la protection des producteurs et de restaurer un climat apaisé. Elle plaide également pour un encadrement administratif plus humain, axé sur l’accompagnement et le dialogue plutôt que sur la contrainte.

Vers une campagne apaisée ?

Malgré les tensions relevées, l’organisation se veut résolument constructive. Elle réaffirme sa disponibilité à travailler avec les services techniques de l’État et l’ensemble des acteurs de la filière, dans l’optique de parvenir à une campagne de commercialisation de l’arachide équitable, transparente et bénéfique pour les producteurs.

Entre volontarisme politique affiché et réalités parfois difficiles sur le terrain, la campagne arachidière 2025 apparaît ainsi comme un test majeur, tant pour la réforme de la filière que pour la crédibilité de l’action publique en milieu rural.


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