La ville de Kaolack a abrité, ce mercredi 26 novembre 2025, une cérémonie émouvante dédiée à la Journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la route. Organisée par l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), cette commémoration, baptisée au Sénégal “Talents perdus”, a rassemblé autorités, partenaires et acteurs engagés dans la lutte contre l’insécurité routière.
Dans une atmosphère de recueillement, l’événement a mis en lumière l’ampleur humaine, sociale et économique des accidents de la circulation. Macoura Gaye, cheffe de la division de déploiement et représentante de la direction nationale de l’ANASER, a rappelé que cette journée vise à honorer la mémoire des victimes tout en sensibilisant la population.
« L’objectif est d’attirer l’attention sur les conséquences émotionnelles et économiques dramatiques des accidents de la route, mais également de saluer le rôle crucial des services d’urgence, des forces de l’ordre, des personnels de santé, des associations et des ONG », a-t-elle déclaré.
Elle a par ailleurs souligné que le combat pour la sécurité routière a longtemps été mené par une poignée d’acteurs, avant d’être pleinement reconnu par les autorités publiques. Le thème retenu cette année, “Talents perdus”, interpelle chacun sur l’ampleur des vies brisées et pose la question d’une réponse judiciaire encore jugée « insuffisante » face aux drames routiers.
Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, 1,35 million de personnes meurent chaque année sur les routes dans le monde, soit 3 200 décès par jour. Les accidents constituent désormais la première cause de mortalité chez les 5-29 ans, et 90 % de ces décès surviennent dans les pays à faible ou moyen revenu. Leur impact économique peut atteindre jusqu’à 5 % du PIB, a rappelé Mme Gaye.
À Kaolack, la situation reste particulièrement préoccupante. Asse Malick Ba, chef du bureau du pôle centre de l’ANASER, a souligné que le Sénégal enregistre plus de 700 accidents et 8 500 blessés chaque année. Dans la région, le corridor transgambien et le développement du transport par moto-taxi (Jakarta) aggravent le phénomène.
« Lorsque nous parlons de talents perdus, nous parlons de richesses humaines irremplaçables. Nous devons transformer nos larmes en actions », a insisté M. Ba. Il a réaffirmé l’engagement de l’ANASER à intensifier la prévention dans les écoles, les gares routières et les communautés, à renforcer la formation des transporteurs et à collaborer davantage avec les forces de l’ordre à travers des brigades mixtes.