Un drame d’une rare tristesse a endeuillé la ville de Kaolack. Deux jeunes frères, Moussa et Cheikh Ndiaye, âgés respectivement de 8 et 12 ans, ont perdu la vie après s’être noyés dans un bassin d’eau stagnante situé à l’entrée des Parcelles Assainies, dans le centre du pays.
Les deux enfants étaient portés disparus depuis vendredi dernier. Leurs familles, inquiètes de ne pas les voir rentrer, avaient aussitôt alerté les voisins et entamé des recherches intenses dans tout le quartier. Ce n’est qu’à l’aube du lundi que leurs corps sans vie ont été découverts par des riverains mobilisés, flottant dans un bassin de rétention destiné à drainer les eaux de pluie.
Selon les témoins, le bassin en question représente depuis longtemps une menace pour les habitants, notamment pour les enfants qui y jouent souvent par curiosité ou par insouciance. Aucun dispositif de sécurité n’y est installé : ni clôture, ni signalisation, ni surveillance. Plusieurs habitants affirment avoir à maintes reprises alerté les autorités municipales sur le danger que constitue cette infrastructure laissée à l’abandon.
Profondément émus, les riverains ont exprimé leur colère et leur sentiment d’abandon. « Ce bassin est une véritable bombe à retardement. On ne compte plus les alertes restées sans suite. Il faut attendre qu’un drame se produise pour réagir », s’est indigné un habitant du quartier.
Face à cette tragédie, Abdou Samad Diouf, coordonnateur de la plateforme des acteurs communautaires de lutte contre les inondations, a réitéré son appel pressant aux autorités locales. Il demande à la mairie de Kaolack de « sécuriser tous les bassins de rétention afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent ». Selon lui, ces ouvrages, censés protéger la population contre les inondations, se transforment trop souvent en pièges mortels en l’absence de mesures de prévention.
Les corps des deux frères ont été transportés à Dakar, où une autopsie sera pratiquée ce mardi pour déterminer les circonstances exactes de leur décès. En attendant, le quartier tout entier est plongé dans la douleur et l’incompréhension. Ce drame relance une fois de plus le débat sur la sécurité des ouvrages hydrauliques et la responsabilité des autorités locales face à la protection des populations, en particulier des enfants.