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Loi 2006-39 du 21 novembre : 20 ans d’existence – Mme Fatima Mbengue, DG de l’Office national des Pupilles de la Nation, expose les difficultés et appelle à une réforme

Un comité de réflexion sur les conditions d’amélioration du cadre juridique de l’Office national des Pupilles de la Nation (ONPN) s’est tenu ce mardi 4 novembre 2025 au ministère de la Famille, de l’Action sociale et de la Solidarité. La rencontre, présidée par le directeur de cabinet du ministre, a réuni plusieurs acteurs du secteur.

À cette occasion, la directrice générale de l’Office, Mme Fatima Mbengue, est revenue sur le contexte de création de la loi avant d’en lister les principales difficultés. Elle a rappelé que l’Office compte actuellement 1 103 pupilles de la Nation, dont 256 mineurs, répartis sur l’ensemble du territoire national.

« L’Office national des Pupilles de la Nation a été mis en place suite au naufrage du bateau Le Joola. La loi 2006-39 du 21 novembre, adoptée dans ce contexte de douleur et d’émotion, aura bientôt 20 ans d’existence en 2026. Deux décennies durant lesquelles nous avons accompagné les pupilles de la Nation », a rappelé Mme Mbengue.

Vingt ans après, la directrice estime qu’il est temps de réviser cette loi pour l’adapter aux réalités actuelles :

« Cette loi a été rédigée dans un contexte d’urgence émotionnelle. Aujourd’hui, nous faisons face à de nombreuses difficultés pour sa mise en œuvre. Il est donc nécessaire de la revoir afin qu’elle réponde mieux aux défis du moment et aux besoins réels des bénéficiaires. »

Parmi les difficultés soulevées figure notamment la limite d’âge fixée à 18 ans pour la prise en charge des pupilles.

« Le décret prévoit qu’à partir de 18 ans, l’État arrête la subvention. Or, à cet âge, beaucoup de jeunes sont encore au lycée ou n’ont pas obtenu le baccalauréat. Il faut tenir compte de la réalité sociale et prolonger la prise en charge pour leur donner toutes les chances de réussir. »

Mme Mbengue a également évoqué le cas des enfants en situation de handicap :

« Nous recevons souvent des demandes de parents d’enfants handicapés. Malheureusement, la loi actuelle ne nous permet pas de les prendre en charge. Il existe des ambiguïtés dans le décret, notamment sur les bénéficiaires potentiels. Par exemple, les militaires invalides devraient en principe être concernés, mais la loi ne précise pas les modalités de leur inclusion. »

Le directeur de cabinet du ministre de la Famille, représentant du ministre, a salué le travail accompli par la direction et rassuré quant à la volonté de l’État d’accompagner cette réforme :

« Nous avons entamé une discussion générale pour voir s’il faut élargir les critères d’éligibilité au statut de pupille de la Nation et adapter la loi au nouveau référentiel axé sur le capital humain. Le comité de réflexion vient à peine de démarrer ses travaux. Il aura la responsabilité de formuler, d’ici fin 2025, des propositions concrètes qui seront soumises à l’Assemblée nationale. »

Pour conclure, Mme Mbengue a souligné l’importance de s’inspirer des bonnes pratiques internationales :

« Nous avons effectué plusieurs missions à l’étranger afin d’étudier les dispositifs mis en place ailleurs pour la protection des pupilles de la Nation. Cela nous permettra d’adapter notre cadre juridique et d’améliorer la prise en charge au Sénégal. »


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