Kaolack/Gamou de Médina Baye : le discret combat de Mariama Cissé Niasse pour les enfants égarés

À l’ombre de la ferveur religieuse qui caractérise le Gamou de Médina Baye, une autre réalité mobilise chaque année les acteurs sociaux : la protection des enfants qui se retrouvent séparés de leurs parents au milieu de la foule.

Dans cette mission délicate, le nom de Mariama Cissé Niasse reste associé à la mise en place et à la coordination d’un dispositif destiné à accueillir, protéger, identifier et réunifier les enfants égarés avec leurs familles.

Alors coordonnatrice du bureau de l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO) de Kaolack, Mariama Cissé Niasse s’est particulièrement investie dans cette mission sociale. Son engagement a contribué à donner davantage de visibilité à la problématique des enfants égarés lors des grands rassemblements religieux.

Une mission au cœur du Gamou

Lors du Gamou de Médina Baye, l’affluence exceptionnelle constitue un véritable défi pour les familles, mais également pour les services chargés de la protection de l’enfance.

En 2022, l’AEMO de Kaolack avait accueilli 253 enfants égarés, dont 132 filles. Parmi eux, 244 avaient pu retrouver leurs familles, tandis que neuf autres faisaient encore l’objet de recherches afin de retrouver leurs parents.

Derrière ces chiffres se cache un important travail d’identification, d’écoute, d’accompagnement et de recherche des familles.

« L’objectif de l’AEMO est d’aider ces enfants à retrouver leur famille », expliquait alors Mariama Cissé Niasse, qui soulignait également l’importance de l’accompagnement psychologique et du recours à des volontaires pour faciliter les recherches.

Une action collective

La réussite de ce dispositif ne repose toutefois pas sur une seule personne. Elle est le fruit d’une mobilisation collective associant l’AEMO, les services de protection de l’enfance, les autorités administratives ainsi que plusieurs organisations partenaires.

Plan International, SOS, la Croix-Rouge, le YMCA, le gouverneur, le préfet ainsi que la famille de Cheikh Ibrahima Niasse ont notamment été associés à cette prise en charge. La famille religieuse avait également mis à disposition un site destiné à accueillir les enfants retrouvés.

Au fil des années, cette organisation a contribué à faire de la protection des enfants égarés un volet important de la préparation du Gamou.

De la protection de l’enfant à l’engagement communautaire

Le parcours de Mariama Cissé Niasse ne s’est pas limité à la protection de l’enfance. Elle est également présentée comme présidente de la commission chargée des projets de Jamiyatou Ansarud-Din, où elle s’est impliquée dans plusieurs initiatives communautaires, notamment dans les domaines de l’environnement et de l’amélioration du cadre d’accueil de Médina Baye.

Cette continuité traduit une même philosophie : servir la communauté, anticiper les difficultés et contribuer à l’organisation d’un événement religieux au cours duquel l’accueil, la solidarité et la protection des personnes vulnérables occupent une place essentielle.

Un héritage qui se poursuit

Aujourd’hui, la protection des enfants égarés demeure au cœur du dispositif social déployé autour du Gamou de Médina Baye. Les expériences accumulées au fil des éditions ont permis de renforcer les mécanismes d’accueil, de recherche des familles et de réunification.

Le travail engagé par les pionniers de ce dispositif, parmi lesquels Mariama Cissé Niasse figure comme une actrice importante, rappelle qu’au-delà des grandes cérémonies et de la ferveur religieuse, le Gamou est également un espace où la solidarité doit se traduire par des actions concrètes.


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