À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (JEA), le Comité départemental de protection de l’enfant (CDPE) de Kaolack a organisé un forum d’information pour marquer cette date symbolique. L’édition 2025, célébrée sous le thème « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès réalisés depuis 2010 », a mis l’accent sur l’engagement des collectivités territoriales dans la protection de l’enfance.
Le Sénégal, à l’instar des autres pays africains, célèbre chaque année cette journée en mémoire des enfants massacrés à Soweto, en Afrique du Sud, en 1976. Cette commémoration est également un moment de réflexion sur les avancées et les défis liés aux droits des enfants sur le continent.
À Kaolack, le CDPE a piloté l’organisation des activités, en s’appuyant sur le thème stratégique de cette année, centré sur la nécessité d’une planification rigoureuse et d’une budgétisation adéquate en faveur des droits de l’enfant, dans le but d’évaluer les progrès accomplis depuis 2010.
Selon M. Birahim Fall, chef du service départemental du développement communautaire et point focal du CDPE, l’intégration des droits de l’enfant dans les budgets des collectivités territoriales est essentielle. « Des compétences telles que l’éducation ou la santé, qui ont un impact direct sur les enfants, sont désormais transférées aux collectivités locales. Malheureusement, leur prise en charge reste souvent dispersée. Il est donc crucial que les mairies prévoient un poste budgétaire spécifiquement dédié à l’enfance », a-t-il plaidé.
M. Fall a également rappelé que, depuis l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant en 1989, les enfants sont reconnus comme des citoyens à part entière. « Ils ont droit à la parole, à l’association, à la participation. Il est de notre devoir de les protéger, de les encadrer et de les former afin qu’ils deviennent demain des citoyens responsables. »
Cependant, la situation à Kaolack reste préoccupante. Mariages précoces, maltraitance, violences physiques et sexuelles figurent parmi les nombreuses menaces pesant sur les enfants. « Il n’est pas rare de voir de jeunes enfants errer dans les rues à des heures tardives. Si rien n’est fait, ils risquent de sombrer dans la délinquance », a alerté M. Fall.
Pour renforcer le dispositif de protection, des comités de suivi ont été mis en place dans les différents arrondissements, avec le soutien d’ONG telles que Enabel et SOS Villages d’Enfants. Ces structures accompagnent également les activités communautaires, notamment pendant les vacances scolaires.