Le commissariat central de Kaolack a réussi un important coup de filet en mettant fin aux activités d’un réseau de ressortissants nigérians impliqués dans l’exercice illégal de la médecine et la commercialisation de produits pharmaceutiques non autorisés. Six individus ont été interpellés, mardi, lors d’une opération menée par la Sûreté urbaine sous la direction du commissaire divisionnaire Souleymane Ba.
Tout est parti d’une information reçue aux environs de 14 heures, faisant état de pratiques médicales suspectes exercées par un groupe d’individus d’origine étrangère dans certains quartiers de la ville. Ces derniers proposaient des consultations, mesuraient la tension artérielle et prescrivaient divers médicaments à leurs clients, se présentant comme des spécialistes de la santé.
Aussitôt alertés, les éléments de la Brigade de Recherches se sont rendus sur les lieux et ont appréhendé un premier suspect, identifié sous le nom de H.A. Raheem, âgé de 33 ans et originaire de Lagos, au Nigéria. Conduit dans les locaux de la police, il a rapidement reconnu les faits, admettant qu’il n’agissait pas seul. Il a révélé l’existence d’un réseau bien organisé composé de plusieurs complices exerçant la même activité illégale dans différents secteurs de Kaolack.
Selon ses aveux, leur mode opératoire reposait sur une approche commerciale : ils proposaient des consultations à domicile ou dans des lieux publics, prétendaient diagnostiquer diverses maladies et vendaient ensuite des “vitamines” et compléments alimentaires à des clients souvent crédules, moyennant paiement. Ces produits étaient présentés comme des remèdes efficaces contre de multiples affections.
À la suite de ces révélations, les enquêteurs ont effectué une perquisition au domicile du suspect principal, situé dans le quartier de Médina Baye. L’opération a permis de localiser et d’interpeller cinq autres individus : B. Olanrewaju, V. Anyachebelu, W. Olajunon, B. Effiwatt et K. Tarkariku. Tous sont de nationalité nigériane et affirmaient exercer en tant que « nutritionnistes ».
La fouille du domicile a permis la découverte d’une importante quantité de produits pharmaceutiques d’origine douteuse. Parmi eux figuraient des boîtes de comprimés étiquetées « Tre-en-en », « Fibre Tablette », « Cal-Mag » et d’autres substances non homologuées. Les policiers ont également saisi des documents promotionnels rédigés en anglais, vantant les mérites de la marque « NEOLIFE ». Ces supports présentaient des slogans de nature à tromper le public, évoquant des maladies graves telles que les maladies cardiaques, le diabète, les troubles de la vue ou encore la faiblesse du système immunitaire. Les produits étaient décrits comme des solutions miracles capables de prévenir ou guérir ces affections.
Face à la gravité des faits, l’Antenne régionale de l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP) a été sollicitée afin d’expertiser les médicaments saisis. L’objectif est de déterminer la composition exacte des produits, leur provenance, leur niveau de dangerosité et leur conformité aux normes sanitaires en vigueur. Cette expertise permettra également d’évaluer les risques encourus par les personnes ayant consommé ces substances.
Les six ressortissants nigérians ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Ils sont poursuivis pour exercice illégal de la médecine, mise en danger de la vie d’autrui, usurpation de fonction et séjour irrégulier sur le territoire sénégalais. Le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance du Saloum a été informé de l’affaire et a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie pour déterminer l’ampleur réelle des activités du réseau et identifier d’éventuelles victimes dans la région.