Ce qui devait être un moment de mobilisation citoyenne autour de la protection de l’environnement a tourné au bras de fer institutionnel à Kaolack. À l’occasion de la Journée nationale de l’arbre, célébrée ce samedi 3 août 2025, une altercation a éclaté entre le maire de la commune, Serigne Mboup, et le préfet du département, perturbant le bon déroulement de la cérémonie officielle de reboisement.
Dans un communiqué rendu public le jour même, l’Amicale des Administrateurs civils du Sénégal est montée au créneau pour apporter des clarifications et défendre l’autorité préfectorale. Selon cette structure, le programme de la cérémonie avait été arrêté la veille, le 2 août, en parfaite concertation avec toutes les parties, y compris le maire. Cependant, ce dernier aurait exprimé, à la dernière minute, son opposition au choix de l’association chargée d’organiser l’activité.
Ce revirement de position aurait provoqué un blocage inattendu, compromettant une initiative pourtant inscrite dans les missions officielles de l’administration territoriale. L’incident a pris une tournure encore plus tendue lorsque le maire serait intervenu personnellement pour faire interrompre la cérémonie, empêchant la poursuite des plantations d’arbres ainsi que le point de presse prévu à la fin de l’événement.
Face à cette situation, le préfet, décrit comme courtois et rigoureux par l’Amicale, aurait été contraint de faire appel à la force publique pour rétablir le calme et faire respecter l’autorité de l’État. L’Amicale condamne fermement ce qu’elle qualifie de « propos inconvenants » du maire à l’endroit du représentant de l’État, rappelant le statut du préfet comme délégué du Président de la République et représentant de l’ensemble des ministres au niveau local.
Le communiqué insiste également sur les prérogatives juridiques du préfet et rappelle que celui-ci bénéficie de la protection de l’État dans l’exercice de ses fonctions, notamment en cas d’outrage ou d’intimidation. Tout en appelant à l’apaisement, l’Amicale déplore ce qu’elle considère comme une exploitation médiatique inappropriée de l’incident, et exhorte au respect des institutions et à la complémentarité des rôles entre autorités administratives et élus locaux.