Société
Kaolack / Wack Ngouna–Keur Yoro Khodia : l’urgence d’une réhabilitation d’un axe stratégique
-
-
par
Diack
La dégradation avancée de la route reliant Wack Ngouna à Keur Yoro Khodia, dans le département de Nioro du Rip, suscite de vives préoccupations au sein des populations. Cet axe, présenté comme un important corridor de circulation entre Sokone et Nioro du Rip, attend toujours une réhabilitation durable, selon Ibrahima Sall, quatrième adjoint au maire de la commune de Wack Ngouna.
La route Wack Ngouna–Keur Yoro Khodia, qui s’inscrit dans le prolongement de l’axe Sokone–Nioro du Rip, se trouve aujourd’hui dans un état de dégradation avancée. Une situation qui inquiète de plus en plus les populations riveraines et les usagers.
Selon Ibrahima Sall, quatrième adjoint au maire de Wack Ngouna, cette infrastructure, dont la durée de vie serait arrivée à son terme, n’a pas bénéficié d’une réhabilitation depuis sa réalisation.
« En tant que quatrième adjoint au maire de la commune de Wack Ngouna, je suis directement impacté par l’état de dégradation de cette route », a-t-il déclaré, mettant en avant les difficultés quotidiennes rencontrées par les usagers.
Situé à quelques kilomètres de Wack Ngouna, Keur Yoro Khodia figure parmi les villages les plus peuplés de la commune, avec une population estimée à près de 5 000 habitants. Le village constitue également un important pôle d’activités économiques locales, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et du petit commerce.
Au-delà de son importance pour les populations locales, cette route revêt, selon l’élu, une dimension économique et sous-régionale. L’axe Sokone–Nioro du Rip est régulièrement emprunté par des transporteurs et des commerçants en provenance notamment du Burkina Faso, du Mali, de la Guinée-Bissau et du Niger.
« Cette route pourrait être considérée comme une route à vocation CEDEAO », estime Ibrahima Sall, qui rappelle qu’elle dessert également plusieurs zones rurales et des milliers de producteurs dont les activités dépendent de la circulation des personnes et des marchandises.
La dégradation de la chaussée constitue ainsi, selon les populations, un frein à la mobilité, mais aussi à l’écoulement des productions agricoles et pastorales.
Ibrahima Sall rappelle qu’en 2022-2023, l’Agence des travaux et de gestion des routes (AGEROUTE) avait affecté un linéaire d’environ 50 kilomètres à des travaux routiers dans cette zone.
Le maire de Wack Ngouna, Amadou Lamine Dieng, avait alors souhaité que les travaux de réhabilitation démarrent à partir de Keur Demba Sira, premier village de la commune, pour passer notamment par Keur Yoro Khodia.
Le projet devait ensuite atteindre Thiarène Alsane, considéré comme le dernier village frontalier de la commune de Wack Ngouna.
Dans le cadre de la dynamique d’intercommunalisation, le projet aurait par la suite été prolongé jusqu’à Ndramé Escale, sur une distance supplémentaire annoncée de 30 kilomètres. Une autre liaison devait également partir de Ndiayène Momath, fief du guide religieux Cheikh Baba Ibrahim Niass, pour rejoindre Coular Socé, dans la commune de Saloum Diané, département de Foundiougne.
Mais, selon Ibrahima Sall, les travaux sont aujourd’hui à l’arrêt, une situation qu’il déplore particulièrement depuis l’élection présidentielle de 2024.
Au-delà des conséquences économiques, l’état de la route pose également un sérieux problème de mobilité sanitaire. Les évacuations des femmes enceintes et des malades deviennent particulièrement difficiles lorsque les conditions de circulation se dégradent.
Pour les responsables locaux, la réhabilitation de cet axe apparaît dès lors comme une nécessité pour améliorer la mobilité des populations, faciliter l’accès aux services essentiels et renforcer les échanges économiques entre les différentes localités desservies.
Face à cette situation, Ibrahima Sall interpelle directement les autorités étatiques. Il invite le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ainsi que le ministre chargé des Transports, à accorder une attention particulière à cette infrastructure.
L’objectif, selon lui, est de permettre aux populations de Wack Ngouna, de Keur Yoro Khodia et des localités environnantes de bénéficier de meilleures conditions de transport, aussi bien pour les personnes que pour leurs biens.
Pour les populations, la réhabilitation de cette route dépasse ainsi le simple cadre d’une infrastructure routière. Elle constitue un enjeu de désenclavement, de développement économique et d’accès aux services sociaux de base.
Mariama Massaly, correspondante à Kaolack
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.