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Réseaux sociaux : Seydi Gassama met en garde contre une régulation qui pourrait « replonger le pays dans la tyrannie »

Le débat sur la régulation des réseaux sociaux prend une nouvelle dimension au Sénégal. Seydi Gassama, directeur exécutif de la section sénégalaise d’Amnesty International, s’est prononcé ce lundi 21 septembre contre une régulation qu’il juge susceptible de porter atteinte aux libertés publiques.

Dans une déclaration rendue publique ce lundi, le défenseur des droits humains estime que les réseaux sociaux ont profondément modifié les rapports entre les citoyens, les pouvoirs publics et les différentes composantes de la société. « Les réseaux sociaux ont donné le pouvoir aux citoyens. Les pouvoirs politiques et économiques et les élites intellectuelles doivent composer avec cette donne », a-t-il écrit.

Seydi Gassama met ainsi en garde contre toute initiative visant à encadrer davantage l’utilisation des plateformes numériques, particulièrement dans un contexte politique marqué par de vifs débats en ligne. Selon lui, la régulation défendue par certains acteurs pourrait avoir des conséquences importantes sur l’exercice des libertés.

« La régulation prônée par les “bien-pensants” pourrait replonger le pays dans la tyrannie qu’il a connue entre 2021 et 2024 », a ajouté le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal.

Cette sortie intervient au lendemain d’une tribune publiée par Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du président de la République Bassirou Diomaye Faye. Dans son texte intitulé « Arracher une jeunesse à l’emprise de Lucifer », le responsable s’est inquiété de la violence et de l’agressivité qui caractériseraient une partie des échanges sur les réseaux sociaux.

Sans citer directement Ousmane Sonko et ses partisans, Mary Teuw Niane les a toutefois explicitement visés dans son propos, leur reprochant notamment leur comportement sur les plateformes numériques. Il a plaidé pour une reprise en main du secteur et appelé à « reprendre le numérique aux marchands de haine ».

« Reprenons le numérique aux marchands de haine (Sonko et ses partisans, ndlr). Reprenons notre jeunesse à ceux qui veulent l’égarer. Reprenons nos consciences à ceux qui veulent les asservir », avait-il déclaré.

Pour le directeur de cabinet du chef de l’État, cette démarche doit contribuer à la construction d’un Sénégal « souverain, juste, prospère et solidement adossé à ses valeurs fortes ».


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