Les transporteurs et chauffeurs de Kolda ont haussé le ton ce samedi 22 novembre lors d’un face-à-face avec la presse, exprimant leur frustration croissante quant à la gestion jugée opaque de leurs cotisations. Selon leurs estimations, plus de 90 millions de francs CFA auraient été collectés, sans qu’un bilan clair ne soit présenté aux membres. Cette situation alimente une profonde incompréhension et nourrit un climat de méfiance au sein du secteur.
Au cœur des accusations se trouve l’actuel président du regroupement des transporteurs et chauffeurs, Bouly Vieux Diedhiou. Les professionnels du transport exigent qu’il rende public l’usage exact des fonds générés par les activités de la gare routière. Lamine Kane Baldé, porte-parole du jour et secrétaire général du regroupement, n’a pas mâché ses mots. Il s’est demandé, devant les journalistes, où étaient passées les cotisations des membres et pourquoi aucune transparence n’était assurée dans leur gestion. Il a insisté sur la nécessité de clarifier la destination de ces ressources communes qui, selon lui, auraient dû servir à améliorer les conditions de travail des transporteurs.
Au-delà des questions financières, la légitimité même du président est contestée. Lamine Kane Baldé affirme que le mandat de Bouly Vieux Diedhiou est arrivé à expiration depuis août 2023. Il souligne qu’aucune décision consensuelle n’a été prise pour prolonger cette responsabilité, contrairement à ce que certains pourraient avancer. « Je défie quiconque de prouver qu’il y a eu un consensus pour prolonger son mandat. Jamais ! », a-t-il déclaré avec fermeté, rappelant que la durée de la crise est devenue insoutenable pour les acteurs du secteur.
Face à cette situation qu’il juge « explosive » et nuisible au bon fonctionnement du regroupement, le secrétaire général a lancé un appel pressant à l’autorité préfectorale. Il demande son intervention afin de rétablir l’ordre, favoriser un climat apaisé et permettre une résolution rapide du conflit. Les transporteurs espèrent que cette médiation permettra d’assainir la gestion interne, de restaurer la confiance et d’ouvrir la voie à une gouvernance plus transparente et plus inclusive.