Un important programme de cartographie et de monographie du secteur privé ainsi que des chaînes de valeur sera bientôt lancé dans la région de Kolda. L’initiative, qui doit démarrer après la fête de la Korité, a été présentée lors d’une réunion d’information et de partage tenue vendredi dernier avec les acteurs territoriaux de la région.
Ce projet est porté par le Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération dans le cadre du Programme Accélération Compétitivité et Emplois. Il est mis en œuvre en collaboration avec l’Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT). L’objectif principal de cette démarche est de mieux comprendre l’organisation du secteur privé local et d’identifier les principales chaînes de valeur qui structurent l’économie de la région.
La rencontre avec les acteurs territoriaux a permis d’expliquer les ambitions du programme, qui vise à produire des données fiables et actualisées sur les activités économiques locales. Ces informations devraient permettre aux pouvoirs publics de mieux orienter les politiques d’investissement, de compétitivité et de création d’emplois, tout en renforçant l’attractivité économique de la région.
Dans cette perspective, l’ANAT sera chargée de conduire une enquête de terrain approfondie auprès des acteurs économiques. Cette opération consistera notamment à collecter des informations détaillées sur les entreprises, les filières de production, les circuits de commercialisation ainsi que les dynamiques économiques locales.
Les autorités territoriales ont toutefois attiré l’attention sur certaines particularités qui caractérisent l’économie de la région de Kolda. Elles ont notamment insisté sur l’importance de prendre en compte le phénomène de l’économie transfrontalière, très présent dans cette zone située à proximité de plusieurs frontières sous-régionales.
Selon le gouverneur adjoint de la région, Bonaventure Kalamo, l’économie locale ne se limite pas aux filières traditionnelles que sont l’agriculture, l’élevage et l’agroforesterie. À côté de ces secteurs structurants, se développe également un réseau dense d’activités liées au transport et au commerce transfrontaliers.
Ces échanges économiques s’organisent en grande partie autour des marchés hebdomadaires sous-régionaux, véritables lieux de rencontre entre les populations de pays voisins. Dans ces espaces commerciaux, les transactions sont particulièrement dynamiques et contribuent de manière significative à la vitalité économique de la région.
Cependant, une grande partie de ces flux commerciaux évolue encore en dehors des circuits formels. Cette situation rend difficile l’évaluation précise des revenus générés par ces activités ainsi que leur contribution réelle à la création d’emplois formalisés.
Le gouverneur adjoint a ainsi souligné que cette réalité complique le suivi et le traçage des ressources économiques issues de ces échanges. Pour cette raison, il a invité l’ANAT à intégrer pleinement la dimension transfrontalière dans l’enquête qui sera menée dans la région.
Selon lui, une telle approche permettra de disposer d’une photographie plus fidèle du tissu économique local et de mieux comprendre les dynamiques qui animent les activités commerciales et productives dans cette partie du pays.