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La colère monte à Bamako : le Mali en a assez des promesses russes non tenues

A Bamako, les murs parlent. Plusieurs graffitis spontanés : « LA RUSSIE DÉGAGE », « LA RUSSIE TUE LE MALI », « ABAS LES MERCENAIRES RUSSES » ou encore «RUSSIE TRAÎTRE » expriment une frustration grandissante envers la présence russe. Ils sont visibles dans le quartier Quimzambougou de la capitale malienne. Ces inscriptions, photographiées et relayées par le journaliste Malick Konaté, ne sont pas des actes isolés. Elles reflètent une exaspération populaire face à l’inaction et aux échecs répétés des forces russes au Mali.

Le partenariat avec la Russie, d’abord via le groupe Wagner puis l’Africa Corps, devait apporter sécurité et souveraineté après le départ des forces françaises et onusiennes. Des milliards de dollars ont été investis, des contrats miniers conclus, et une dépendance stratégique s’est installée. Pourtant, les résultats sur le terrain sont catastrophiques.

Des retraits humiliants et une insécurité qui persiste

Ces dernières semaines, les revers se sont accumulés pour les forces maliennes et leurs alliés russes. Fin avril 2026, les troupes de l’Africa Corps ont été contraintes de se retirer précipitamment de Kidal, bastion stratégique du Nord, face à une offensive coordonnée des groupes djihadistes du JNIM et des rebelles touaregs du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Des images montrent des convois russes quittant la ville sous escorte, du matériel abandonné et des positions stratégiques perdues sans véritable résistance durable. Des soldats maliens se sont retrouvés isolés, tandis que la Russie, présentée comme le pilier de la stabilité du régime, n’a pu empêcher cette avancée ennemie.

Ce retrait, qualifié de « déroute complète » par certains observateurs, illustre les limites d’un partenariat militaire qui promettait victoire et souveraineté. Des témoignages et rapports font état d’exactions contre les populations civiles, d’une stratégie jugée inefficace et d’un bilan sécuritaire globalement décevant. Loin d’éradiquer la menace, la présence russe semble avoir contribué à fragiliser davantage certaines régions.Pendant ce temps, les blocages routiers, les attaques récurrentes et l’insécurité alimentaire continuent de toucher Bamako et de vastes zones du pays. Les Maliens paient au prix fort un partenariat qui bénéficie surtout aux intérêts russes — notamment l’accès aux ressources minières — sans apporter la sécurité tant attendue.

Il est temps que la Russie parte

Le Mali a besoin de partenaires fiables, et non de mercenaires qui se replient au premier revers sérieux ou qui recourent à des armes controversées sans obtenir de résultats décisifs sur le terrain. Les graffitis qui apparaissent aujourd’hui dans les rues de Bamako constituent le cri d’un peuple fatigué des promesses non tenues et des drapeaux russes qui ne protègent rien. #RussieDegage n’est pas un simple slogan : c’est un appel clair à une souveraineté authentique. Le Mali mérite mieux qu’une nouvelle tutelle étrangère qui échoue là où d’autres ont déjà échoué avant elle. Il est grand temps que les forces russes plient bagage et laissent le peuple malien reprendre pleinement en main son destin, sans intermédiaires coûteux et inefficaces. La voix des rues de Bamako est limpide. Les autorités maliennes doivent l’entendre avant que la frustration ne se mue en colère ouverte. Le partenariat avec la Russie a assez duré : ses promesses sonnent creux et ses résultats laissent un goût amer.


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