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La Cour suprême annule l’exploitation du zircon à Niafrang et donne raison aux populations locales

La Cour suprême a rendu, jeudi 18 décembre, une décision historique en annulant l’arrêté du ministère des Mines et de la Géologie qui autorisait l’exploitation du zircon à Niafrang, dans le département de Bignona. Ce verdict met un terme à plusieurs années de bras de fer judiciaire entre l’État, le promoteur minier et les populations de la commune de Kataba 1, farouchement opposées à ce projet d’extraction minière.

Par cette décision, la plus haute juridiction administrative du pays a frappé de nullité l’acte administratif qui constituait la base légale du projet. En invalidant l’autorisation accordée au promoteur, la Cour suprême a ainsi donné raison aux riverains qui dénonçaient, depuis le lancement du projet, de graves manquements et des risques majeurs pour l’environnement et les activités agricoles locales.

Le projet d’exploitation du zircon à Niafrang avait suscité une vive controverse dans cette zone côtière de la Casamance. Les populations locales, appuyées par des organisations communautaires et environnementales, alertaient sur les conséquences potentielles de l’extraction minière, notamment la salinisation des rizières, principale source de subsistance des habitants, la dégradation du littoral et les atteintes à l’équilibre fragile de l’écosystème. Autant de craintes qui, selon les opposants, menaçaient directement la sécurité alimentaire et le mode de vie des communautés riveraines.

La décision de la Cour suprême a été accueillie avec un immense soulagement et une joie palpable à Niafrang et dans plusieurs villages environnants de la commune de Kataba 1. Selon la RFM, des scènes de liesse ont été observées dès l’annonce du verdict, traduisant l’importance de cette victoire pour les populations qui se sont mobilisées pendant des années à travers des actions citoyennes et des recours judiciaires.

Pour les collectifs de défense des intérêts locaux, cette décision marque un tournant majeur. Ils estiment qu’elle consacre la primauté du droit, le respect des procédures légales et la prise en compte effective des préoccupations des communautés impactées par les projets miniers. Elle envoie également, selon eux, un signal fort en faveur d’une gouvernance plus responsable des ressources naturelles et d’un développement respectueux de l’environnement et des populations locales.

« C’est le triomphe du droit sur les intérêts financiers. Nos terres et nos rizières sont préservées », a déclaré un représentant des populations locales, résumant le sentiment général après ce verdict. Au-delà du cas de Niafrang, cette décision de la Cour suprême pourrait faire jurisprudence et renforcer la vigilance des communautés face aux projets extractifs dans d’autres régions du pays.


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