La SEDIMA, unique minoterie sénégalaise et longtemps considérée comme une fierté nationale dans le domaine de la meunerie, traverse aujourd’hui une zone de turbulences. Au cœur des débats : le recrutement de Frank Bavard, dont la gestion suscite de vives critiques parmi les travailleurs et observateurs du secteur.
Un héritage remis en question
Sous la direction de Jean-Claude Mimran, l’entreprise avait bâti une réputation solide, alliant performance industrielle et politique sociale. Des parcelles offertes aux employés à Diamniadio symbolisaient cette volonté de stabilité et de reconnaissance. Mais depuis l’arrivée de Frank Bavard, plusieurs décisions auraient fragilisé cet équilibre, plongeant certains bénéficiaires dans des difficultés notables.
Des tensions sociales persistantes
Selon des témoignages recueillis auprès d’anciens employés, des retenues auraient été opérées sur l’intéressement aux bénéfices, créant frustration et incompréhension. Plus grave encore, plus de 200 Sénégalais auraient perdu leur emploi, parfois dans des conditions qualifiées de « particulièrement difficiles ». Des accidentés du travail, y compris des personnes amputées, auraient été licenciés, entraînant des drames humains et sociaux pour leurs familles.
Performances industrielles en recul
Sur le plan technique, les Grands Moulins de Dakar, capables autrefois d’écraser plus de 1 300 tonnes de blé par jour grâce à trois moulins, ne tourneraient plus qu’à moins de 500 tonnes quotidiennes. Deux des moulins les plus anciens et performants seraient presque à l’arrêt, alimentant les inquiétudes sur l’avenir de la production nationale.
Des zones d’ombre
Au-delà des aspects sociaux et industriels, des rumeurs entourent la figure de Frank Bavard. Des questions demeurent sur une éventuelle interpellation au tribunal et sur des liens supposés avec des affaires d’armes évoquées sous l’ancien régime. Ces zones d’ombre alimentent un climat de méfiance et d’incertitude.
Une demande de transparence
Dans une lettre ouverte adressée à l’Honorable Députée Anta Babacar Ngom, Mamadou Niang, cadre de production et expert meunier, appelle à des éclaircissements. Pour lui, il est urgent de préserver la transparence et de protéger cette entreprise nationale, pilier stratégique de l’économie sénégalaise.
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