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Lat Diop sollicite la levée de son bracelet électronique : un tournant attendu devant la Chambre d’accusation financière

Le 15 juillet prochain, Lat Diop jouera une nouvelle manche décisive dans le bras de fer judiciaire qui l’oppose aux autorités. Placé sous assignation à résidence avec surveillance électronique depuis sa remise en liberté provisoire, l’ancien directeur général de la Lonase et ancien ministre des Sports demande à la justice de mettre fin à cette mesure restrictive ou, à défaut, d’en assouplir les conditions.

Selon les informations de L’Observateur, sa requête sera examinée à partir de 10 heures par la Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire financier, en présence du ministère public et de l’Agent judiciaire de l’État. Cette audience pourrait marquer un tournant dans la situation judiciaire de l’ancien responsable, poursuivi dans une affaire de présumé détournement de deniers publics portant sur plus de 8 milliards de francs CFA.

Depuis sa sortie de prison le 6 novembre 2025, Lat Diop demeure soumis à un régime de liberté particulièrement encadré. Équipé d’un bracelet électronique, il ne peut effectuer le moindre déplacement sans l’autorisation préalable des autorités judiciaires. Une situation que ses avocats estiment aujourd’hui incompatible avec la reprise normale de ses activités professionnelles et la gestion de ses obligations personnelles.

Cette liberté provisoire est l’aboutissement d’un long parcours judiciaire. Le 12 août 2025, la Chambre d’accusation financière lui avait accordé une remise en liberté sous surveillance électronique. Le Parquet général avait toutefois contesté cette décision en introduisant un pourvoi devant la Cour suprême. Ce recours a finalement été rejeté, confirmant ainsi la décision de la juridiction d’instruction.

Malgré cette victoire procédurale, les restrictions imposées à Lat Diop sont restées inchangées. Ses déplacements continuent d’être strictement contrôlés, une situation que la défense juge particulièrement contraignante au quotidien.

Dans leur nouvelle requête, ses conseils mettent en avant plusieurs arguments. Ils estiment que leur client présente toutes les garanties nécessaires pour bénéficier d’un régime moins sévère, tout en rappelant que l’instruction se poursuit normalement. Ils invoquent également son état de santé, qui nécessiterait des consultations médicales régulières, rendues plus complexes par les contraintes liées à l’assignation à résidence.

La défense sollicite ainsi, en priorité, la levée complète de la surveillance électronique. À défaut, elle demande un assouplissement des modalités de contrôle afin de permettre à l’ancien ministre de retrouver une plus grande liberté de mouvement, notamment pour ses activités professionnelles et ses soins médicaux.

En face, le ministère public et l’Agent judiciaire de l’État devraient défendre le maintien du dispositif actuel. Pour l’accusation, les faits reprochés restent d’une extrême gravité et concernent des soupçons de détournement de fonds publics de plusieurs milliards de francs CFA. Dans ce contexte, les autorités judiciaires pourraient considérer que les mesures de contrôle demeurent nécessaires afin de garantir le bon déroulement de l’information judiciaire.

Le dossier demeure en effet loin de son épilogue. Si Lat Diop n’est plus détenu, l’enquête se poursuit devant le Pool judiciaire financier et aucune décision n’a encore été rendue sur le fond de cette affaire qui figure parmi les dossiers financiers les plus sensibles ouverts ces derniers mois.

L’Observateur rappelle également un épisode qui avait suscité une vive émotion au lendemain de sa remise en liberté. Alors qu’il souhaitait se recueillir sur la tombe de son père, décédé durant sa détention, Lat Diop s’était vu refuser dans un premier temps l’autorisation de quitter son domicile. Une solution avait finalement été trouvée, mais cet épisode avait illustré les lourdes contraintes imposées par son régime de liberté surveillée.


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