Le Collectif pour la Défense de la Cohésion Nationale (CDCN) a exprimé, ce mardi, sa « profonde surprise » et son « incompréhension » après la libération de la chroniqueuse Ngoné Saliou Diop par la Division Spéciale de la Cybercriminalité (DSC). Dans un communiqué parvenu à la rédaction de PressAfrik, le collectif juge cette décision « incompréhensible et contraire aux principes d’égalité devant la loi ».
Cette réaction fait suite à l’audition et à la remise en liberté, lundi, de la chroniqueuse de Sans Limites TV, poursuivie à la suite de plusieurs plaintes pour « injures publiques et atteinte à l’honneur de la communauté Pulaar ». Après plusieurs heures d’interrogatoire à la DSC, Ngoné Saliou Diop avait retrouvé la liberté avant de publier un message sur les réseaux sociaux pour remercier ses soutiens, suscitant de nouvelles réactions sur Internet.
Pour le CDCN, cette libération, malgré « la gravité des propos tenus publiquement à l’encontre de la communauté Foulbé », soulève de « sérieuses interrogations sur la volonté des autorités compétentes de protéger la cohésion nationale et le vivre-ensemble ». Le collectif estime qu’une telle décision envoie un signal négatif dans un contexte où les discours discriminatoires se multiplient sur les réseaux sociaux, mettant à mal la paix sociale.
Le communiqué du collectif pointe également la responsabilité du ministère public, qu’il accuse d’inaction. Le CDCN déplore que « le procureur de la République, qui n’a pas jugé utile de s’autosaisir dès l’éclatement de cette affaire, semble désormais considérer que ces propos ne présentent pas de caractère de gravité ni de trouble à l’ordre public ». Une position que le collectif juge « dangereuse », car elle pourrait, selon lui, « créer un précédent préjudiciable dans la gestion des discours discriminatoires et des atteintes à la cohésion sociale ».
Cette affaire a profondément divisé l’opinion publique et enflammé les réseaux sociaux. Malgré les excuses publiques présentées par Ngoné Saliou Diop, une partie de la communauté visée a refusé de les accepter, estimant que les propos de la chroniqueuse avaient dépassé les limites de la liberté d’expression et entamé la dignité de nombreux citoyens.
Face à cette situation, le Collectif pour la Défense de la Cohésion Nationale a annoncé une série d’initiatives. Il demande à être officiellement informé des « motifs juridiques ayant conduit à la libération de Ngoné Saliou Diop », et interpelle les autorités sur la « nécessité de garantir l’égalité de tous les citoyens devant la loi ». Le CDCN rappelle par ailleurs que « la préservation de la cohésion nationale et du vivre-ensemble est un devoir civique », et réaffirme son engagement à défendre, « par toutes les voies légales et institutionnelles, l’unité nationale, la paix sociale et le respect mutuel entre communautés ».
En conclusion, le collectif appelle à une réponse ferme et équitable des institutions face aux dérives verbales susceptibles d’attiser les divisions communautaires. Pour lui, la cohésion nationale ne saurait être préservée sans une justice impartiale et une vigilance constante contre tout discours de haine.